"Gisèle, elle a plus de cellulite que de cervelle."


ESSAI V 11 LE MANS

par Pascal


Après avoir quitté son berceau de Mandello, la V11 " LM " a gagné, entre les mains de Régi, Caissargues par la route. C'est donc avec émotion que je reçois les clés de l'engin, rouge, des mains du maître des lieux, nouvellement promu motociste-restaurateur (voir MJ 1477, rubrique " MOTO COIN COIN "). Réputation entièrement justifiée, l'essai commençant par un café et des viennoiseries consommées autour du flipper ! Après cinquante bornes au guidon de cette " nouvelle " V 11, je m'en vais vous livrer mes impressions, qui ne sont pas celles d'un essayeur, mais qui se basent sur des comparaisons entre l' "ancienne " et la " nouvelle ".
La grise respire. Malgré un run avec cette aguicheuse rouge, son pilote est reparti avec elle.

Sur le visuel, rien de nouveau depuis la première visite en statique. Tout de même, les coloris s'accordent nettement mieux à la vocation de la machine. Si je devais choisir, ce serait celle-là. Néanmoins, le moteur noir ne me séduit toujours pas, pas plus que le couvre selle. Ah, ben justement… en selle. La position, malgré les bracelets en haut des tubes, plus bas que sur la première génération, ne me change guère (Les miens sont réglés bas.). Contact. Oh, oh… Les voyants sont plus lumineux que naguère! C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup ! En route. Grosse Moto, en un peu moins de 45 mn je constate que :Moteur : même si celui-ci est en rodage et que donc je n'ai pas matraqué, une chose est certaine, la cartographie d'injection a été revue. Le moteur est plus plein, plus rond, en dessous de 5000 tr. Par contre en me lâchant un brin au delà de 5000 tr, plus de coup de pied au cul, ça pousse toujours, fort, mais linéaire, bref , l'allonge est toujours là, ça se sent, mais avec un mode " civilisé ". Au passage, le son moteur est bien présent, le carénage jouant un rôle de caisse de résonance " efficace ".Partie Cycle : La première réaction que j'ai guettée, c'est le comportement en enchaînement. Plus deux cm d'empattement et gommard de 180, je craignais le pire. Bon, il est clair que la V 11 est plus vive, ça tombe sous le sens, mais la Le Mans ne souffre pas outre mesure de ces modifs. Avec la V 11 ça passe sur les gaz, avec la " LM " pour un même résultat il suffit de couper légèrement au moment de balancer, et elle gagne de la vivacité.Je n'ai pas eu la possibilité d'enquiller de la grande courbe très rapide ; j'ai quand même pu passer un droite vite que je connais bien, comme avec la V 11 mais avec un sentiment de sécurité et de marge remarquable. Elle ne bouge pas d'un poil ! Les suspensions ont le réglage de sortie d'usine, rien n'a été touché, mais elle est réglée bien raide, j'ai pu en profiter au cours d'une séquence "départementale bosselée ".Carénage : En dehors de son rôle " musical ", il assure une protection correcte du buste et des bras. Par contre, la tête reste exposée (je mesure 1.75 m) mais aucune turbulence ne pourrit la vie du pilote. Un plus pour affronter l'autor' . Les rétros qui ne vibrent pas spécialement permettent de voir plus que les épaules.A mon humble avis, la Le Mans est une meule efficace pour abattre de la route à (très) bonne vitesse, quelles que soient les conditions. Toutefois, c'est mieux si tourne. En même temps, le moulin plus rempli en bas, se révèle agréable pour enrouler en balade tranquille. Une meule pour se faire plaisir en toutes circonstances.

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