LAURENT SLEURS CHAMPION DE FRANCE VMA 2006 UNLIMITED PRE 80 TEAM MOTO BEL
A 27 ans, LAURENT SLEURS vient de remporter avec brio le championnat de France de Vitesse Moto Ancienne. Vainqueur de 10 des 11 manches courues à ce jour, on peut parler de parcours sans fautes. Portrait d’un pilote rapide, déterminé, modeste et sympathique. |
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Quels ont été tes débuts en moto ? J’ai commencé par le moto-cross à l’âge de 17 ans. J’ai couru en championnat de France 50 cc, cylindrée dans laquelle j’ai remporté un titre, et en 125 cc. Après cela j’ai arrêté faute de budgets suffisants pour rouler dans de bonnes conditions et aussi par rapport à mon avenir professionnel. Il m’était difficile de concilier travail et compétition et pour vivre, il faut travailler. Comme il n’est pas évident qu’un employeur me laisse partir le jeudi ou le vendredi soir pour aller sur les circuits, j’ai été contraint de faire un choix. Tu es donc un professionnel de la mécanique moto.
Oui. Au cours de ma formation, j’ai été amené à travailler chez un spécialiste des anciennes en tant que stagiaire. Par la suite, j’ai passé quatre ans dans une concession BMW, mais ce n’était pas ce que je recherchais. J’ai alors eu l’opportunité d’intégrer un atelier spécialisé dans les « vieilles. » C’est mon truc. Comment as-tu été amené à rouler avec cette moto cette année ? J’ai eu la chance d’intégrer le team MOTO BEL comme mécano pour le BOC. Jacques tenait absolument à me remercier pour mon travail. Cette participation, ce n’était pas pour l’argent mais uniquement pour le plaisir et la passion.. J’ai alors demandé à rouler avec la Guzzi, en course de préférence. Ce désir coïncidait avec le lancement du championnat VMA par la FFM. Je me suis donc inscrit pour la première course à Carole, pour voir… Et là, je gagne. Sur cette lancée, nous avons décidé de continuer et voilà. Au vu des résultats, on comprend qu’il s’est créé une osmose entre toi et cette Le Mans. Qu’apprécies-tu dans cette machine ? Déjà, il y en a peu sur la piste. Faire gagner une machine hors du commun, rivaliser sur la piste avec des TZ ça me plaît. Prendre une Guzzi et la faire marcher comme ça, il y a peu de personnes à part Jacques qui en soient capables, et ça en surprend plus d’un. Il a su résoudre l’équation qui rend cette machine vraiment performante et on a vu le résultat au BOC, et cette année dans cette compétition. Il suffit de consulter le palmarès de MOTO BEL pour s’en convaincre. Après, on s’adapte à la machine et les résultats suivent.
A contrario, lui trouves-tu des défauts ? Toutes les motos ont leurs défauts. Mais cette Guzzi marche tellement fort, tient tellement bien la route, qu’il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit. Il ne faut pas oublier qu’à la base il s’agit d’une machine de route et malgré cela, je suis souvent bluffé par ses capacités face à de vraies machines de course.
Tu as participé au BOC comme mécanicien. Peut-on espérer te voir à Magny-Cours sur la ligne de départ en 2007 ? Difficile à dire. Jacques est très sollicité. Les prétendants à une place de pilote dans l’équipe ne manquent pas. Il ne se passe pas une course sans qu’on vienne le voir dans cet espoir. Nous étions au départ du Moto Tour en fin de semaine dernière pour le contrôle technique de la machine de Jean-Louis Schlesser, et Gérard Jolivet a dit à Jacques qu’il aimerait rouler avec une de ses machines au BOC. Entre Laurent Sleurs qui sort de nulle part et Gérard Jolivet, on peut réfléchir… Il est évident que s’il m’en fait la demande, ce sera oui avec grand plaisir. Dans ce cas, j’y serai pour gagner. Nous en avons parlé, c’est vrai, mais il est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit.
Tu as surgi sur la piste cette année avec le résultat que l’on sait. Quelle expérience du circuit avais-tu ? Très peu en fait. A l’occasion d’une finale de championnat de cross 50 cc l’épreuve se déroulait sur un parcours de supermotard. (Etrange pour du moto-cross. NDLA) Au départ, il y avait Sébastien Charpentier, dont on connaît la carrière, avec une machine super affûtée préparée par Polini. Il a gagné, j’ai fini troisième… Par la suite, j’ai roulé sur piste lors de démonstrations et avec mes motos personnelles. Justement, quelles machines possèdes-tu ? J’ai honte… J’ai un GSXR de 1995, dont je n’arrive pas à me séparer. Une excellente machine. Je la prends de temps à autres pour une balade sur la route. Mais il y a cinq ans, j’ai eu un accident de la circulation. Voiture contre moto. Je n’étais pas responsable et ça a changé ma vision des choses. Je préfère trouver les sensations sur un circuit, où tu roules sans arrières pensées. Pour cela, j’ai une Egli Honda. Je la mets sur la remorque et je peux aller me vider deux heures. Au moment où ces lignes paraîtront, il restera la course de Nogaro, le 30 septembre et le 1er octobre. Souhaitons bonne chance à Laurent pour cette ultime manche. Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à aller l’encourager et le rencontrer. J’espère simplement le retrouver l’année prochaine sur les pistes pour faire briller l’aigle de Mandello. PHOTOS AVEC L'AUTORISATION DU SITE VMA. |