La passion selon GUZZI ...

ou l'histoire de l'ingeniere Lino Tonti
 

 

Ingénieur exceptionnel et emblématique, Lino Tonti a inventé et projeté de tout dans sa carrière… Né en 1920 à Cattolica, province de Forli, il demeurait à faible distance de l’entreprise qui, à l’époque, était une des plus grande maison motocycliste nationale : La Benelli de Pesaro.


En fait, sa carrière commence véritablement chez Benelli en 1937, aux côtés de Giuseppe Benelli. Avant même que ce songe ne s’interrompe avec l’arrivée de la deuxième guerre mondiale,  Tonti avait eu le temps de s’occuper de choses vraiment intéressantes comme par exemple les moteurs de compétition et tout particulièrement la 250 quatre cylindres suralimentée.
Pendant la guerre, Tonti s’occupa de projets et de préparations de motos de courses.
Il partit ensuite à Varese, où la Macchi avait acheté un de ses projets de scooters à grandes roues et moteur mono de 125cc.

L’habileté et le talent de Lino n’échappèrent pas au Comte Giuseppe Boselli qui, dès 1957, le chargea de projeter une Mondial 250 de Grand Prix. Malheureusement, Mondial décide précisément cette année-là de se retirer de la compétition en même temps que Guzzi et Gilera. Cependant la moto, déjà réalisée, servira de base pour toutes les Paton bicylindres. Pour la petite histoire, le nom de Paton vient de PAttoni et TONti, et cette marque participera jusqu‘en 2001 aux Grand Prix moto dans la catégorie 500cc.
 

La Mondial 250

1968 : Bergamonti sur la Paton

En 1958, il passe chez Bianchi, autre maison de renom. Son activité de projeteur chez Bianchi aboutira à la création de divers modèles aussi bien civils que militaires jusqu’à la réalisation d’une exceptionnelle bicylindre de course : la 250 Bialbero (double arbre) portée ensuite à 350cc et pour finir à 454cc.
A la fermeture de Bianchi,  Tonti entre chez Gilera où il y travaille de 1964 à 1966 en s’occupant de projets extrêmement innovateurs et originaux pour l’époque.
 

Lino Tonti et Moto Guzzi

Lino Tonti entre chez Moto Guzzi en 1967 et se met tout de suite au travail pour affûter une moto déjà pas si mal : la V7. Guzzi avait en tête la conquête de quelques records mondiaux afin de renforcer son image. En 1969 à Monza, durant la chasse aux records avec les prototypes de la V7 Special, le directeur général de Moto Guzzi, Romolo de Stefani, décide subitement la construction d'une vraie moto sportive et demande à Tonti de lui appliquer 3 paramètres fondamentaux auxquels il ne devra pas déroger : 200Kg, 200 km/h et 5 vitesses.

Tonti se met aussitôt à l’ouvrage mais les agitations syndicales qui apparaissent en 1969, lui posent d’énormes problèmes pour réaliser son projet. C’est alors qu’il trouve une solution : il prend un moteur de V7 vide, quelques mètres de tubes de cadre, s’enferme dans son atelier privé et appelle à la rescousse son collaborateur Alcide Biotti.
Ainsi débute la construction du cadre qui deviendra par la suite un chef d’œuvre de la marque Guzzi   et qui sera construit pendant tant d’années… pratiquement jusqu’à aujourd’hui !
Ce cadre équipé d’un moteur de V7 en version record, tourne immédiatement à Monza 6 secondes plus vite que la V7 Special (version record elle aussi) utilisée précédemment.
Ces résultats incitent l’usine à peindre les 150 premiers exemplaires de ce cadre en rouge afin de le mettre véritablement en valeur.
C’est ainsi qu’est née la mythique V7 Sport à cadre rouge tant recherchée par les collectionneurs du monde entier.

Luciano Gazzola à Monza Tonti dans la cour de l'usine
Deux grands de la moto : Tonti et Hailwood Lino à la "galleria del vento"

Mais Tonti ne s’arrête pas là, et réalise un nombre incroyable de projets pour Moto Guzzi… La majeure partie d’entre eux resteront sur le papier ou tout au plus à l’état de prototype tels ce 4 cylindres en V qui malheureusement n'a jamais vu le jour.

Il est également l’auteur des projets V35-V50 « serie piccola » ou « small blocks », des motos pensées pour être produites plus simplement et plus économiquement que les grandes sœurs V7. Pourtant ces moteurs d’une apparente simplicité ne manquent pas d’originalités techniques comme par exemple les soupapes parallèles. En fait, la chambre d’explosion de type Heron est entièrement creusée dans le ciel du piston. Par ailleurs, le propulseur adopte une pompe à huile à lobes au lieu des traditionnels engrenages,,, et c’est la première fois que cette technique est présente sur une moto italienne. Le bloc moteur est divisé en deux parties avec plan de joint horizontal. Enfin, en ce qui concerne la partie cycle, c’est la première fois au monde qu’un bras oscillant en alliage d’aluminium est utilisé sur des motos en grandes séries.

Bref, Lino Tonti est l’architecte de projets et de réalisations allant de moteurs utilitaires de petite cylindrée jusqu’aux motos de course dont certaines construites de ses propres mains : n’oublions pas les LINTO, nées en 1968 de l’accouplement de 2 moteurs Aermacchi 250cc.







Alors, merci pour tout, Monsieur Lino.

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Crédits photos : www.guzzisti.it, www.s3750motoguzzi.co.uk, www.cybermotorcycle.com
Texte : Fange, Anima Guzzista - Traduction et réalisation : Salvatore, Anima Guzzista di Normandia

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