"Qui trop embrasse manque le train."


GRISO 8 V vs ROSSO MANDELLO, c'est l'alléchante proposition de cette prise en main impromptue. L'échange des machines quelques kilomètres durant, entre le Doc' et Big Steve a abouti à cette page. Page à le lecture de laquelle on se dit que oui, décidément, Guzzi doit vivre...
LA GRISO 8 V
 
J'attendais ça depuis un moment, les TZED VBR m'auront donné l'occasion de faire un essai de la GRISO 1200 8V.
C'est lors d'un arrêt à Cunlhat que je laisse ma Rosso aux mains de BigSteve pour enfourcher la jolie blanche.
 
Contact, la selle est moelleuse, on est assis presque droit avec une vue sur l'énorme réservoir et ses écopes. Moteur, première... et premier constat: l'embrayage est en bois, il faut une poigne de fer pour tirer sur le levier, il se révèle par contre doux et progressif pour faire décoller l'engin.
C'est parti, il me suffit de quelques centaines de mètres pour me sentir à l'aise, l'ensemble est équilibré, le moteur est parfaitement civilisé dans les bas régimes, la boite est plus précise que la meilleure des boites de V11. Bref on se sent bien et en confiance.
 
Le moteur est bluffant, il est souple, ne rechigne pas à reprendre dès 2000 - 2500 tr pour tracter sans violence dans une poussée régulière jusqu'à ~ 5000 - 5500 tr, on entre ensuite dans un monde différent, pour peu que l'on visse la poignée l'aiguille bondit vers la zone rouge, c'est dans cette plage de régime que ce moteur se révèle le plus jouissif.
Le châssis est sans mauvaise surprise, c'est rigide et ça se place précisément (malgré des suspensions trop souples à mon goût) dans les courbes. Le plus surprenant c'est que malgré son gabarit conséquent la moto semble légère et facile dans les enchaînements de virolos.
Le freinage est à la hauteur des performances, l'attaque est douce et sécurisante et les Brembo à montage radial plantent efficacement la bécane en tirant sur le levier, même si mes préférences vont vers un peu plus de niak en début de course, pour les moments où l'on se laisse aller à envoyer la cavalerie, ce doit être facilement corrigeable par l'emploi de plaquettes qui vont bien.
 
J'ai aimé:
La facilité de prise en main.
L'agilité étonnante en regard des dimensions.
La qualité de la fourche qui encaisse sans broncher les freinages appuyés, même sur route bosselée.
Le confort de la selle.
La précision de la boite.
Le moteur à deux visages.
 
Au chapitre des reproches:
Je trouve lamentable le bloc compteur dont le faux chrome n'arrive pas à cacher la piètre qualité de fabrication.
Je n'aime pas les écopes en plastique qui habillent les côtés du réservoir, elles cachent partiellement le moteur.
Bien que je ne sois pas un poids lourd, le réglage d'origine des suspensions me semblent un peu trop souple, celles-ci étant réglables dans tous les sens on doit pouvoir facilement y remédier.
 
J'imaginais que cette Guzzi de l'ère Piaggio devait être plus proche du "beach bike" que d'un réel outil à avaler des bornes. Je me faisais une idée fausse, la 8V montre une réelle polyvalence, par ses capacités à enrouler en balade et une homogénéité certaine quand il s'agit de faire parler la poudre. Elle ne manque ni de personnalité, ni de caractère, c'est donc bien une vraie Guzzi.
 
J'arrive donc à Olliergues avec la banane, la Griso 8V c'est de la balle !
 
Merci Stéphane.
 
 

LA ROSSO MANDELLO
 
Il m’a fallu user d’un odieux stratagème pour pouvoir rouler sur le vonz’ du Dr. ; lui proposer d’essayer la Griso. Je sais, c’est pas beau mais j’étais prêt à tout.
    Après l’échange des machines et les recommandations d’usages tels que : « Fais gaffe à l’embrayage mono disque, c’est  “ On / Off“ et fais aussi très attention aux freins avant, ils freinent… » (Radial 19 + Brembo P4 34/34 et disques flottants).
 
    Buzzi, Virginie, la Calif’ et son GPS sont partis devant suivi de Mandello et la Griso puis mézig et la V11 et derrière moi (pas longtemps), Zig’ et sa RSV.
Quelle machine ! Après m’être familiarisé (un peu) avec l’embrayage, j’ai eu un peu plus de mal avec le frein avant et malgré ce que m’avait dit Alain, le frein arrière n’est pas si mal et fonctionne un peu comme la Griso, ça ralenti la moto ou ça bloque la roue arrière. A la fin de l’essai, j’étais tout à fait enthousiaste avec les freins avant, jusqu’à trouver l’attaque de ceux de la Griso un peu molle…
    La position est assez radicale mais ça aurait pu être pire si les bracelets avaient été plus bas, la selle est en bois et les commandes reculées sont finalement accessibles avec toutefois un petit problème de distance avec le sélecteur qui est un peu trop éloigné et qui m’obligeait à passer les vitesses avec le talon sur le cale-pied ; même problème à droite pour le frein. Les compteurs sont simples et beaux mais vu (c’est le cas de le dire) mon grand âge, si j’arrivais à lire le compte-tour, la petite fenêtre pour la vitesse et plein d’autres infos m’étaient inaccessibles. Une mention spéciale pour le rétro dans lequel on ne voit pas grand chose et qui se dérègle avec les vibrations mais on s’en fout, il est bô…Les pots sont un peu bruyants et fatigants à la longue sans les bouchons d’oreille mais le son est magnifique surtout pour ceux qui roulent derrière.
    Donc, on est parti et ça roule, Jean Louis avait pourtant promis un rythme cool et j’ai du mal à coller aux furieux de devant ; j’essaye de rattraper le groupe dans les petites lignes droites ce qui me permet de m’apercevoir que le moteur va bien, très bien même ; en dessous de 3 000, y’a pas grand chose mais à 4 000, ça monte virilement jusqu’à 6/7 000 tours. J’ai eu l’impression que la plage 4 000/ 5 500 était plus pleine que la Griso.
Bref, un moteur qui va bien, comme j’aimerais bien avoir sur la Calif’...
    Bon, ça c’étaient les lignes droites, maintenant abordons les virages ; malgré une certaine lourdeur dans la direction (par rapport à la Griso), elle se met sur l’angle assez docilement et incite même à en prendre (de l’angle) et là, on se sent accroché à la route, elle ne bouge pas, un rail. Le full Öhlins bien réglé est impressionnant et le cadre court donne vraiment envie de jouer avec. Je me suis quand même fait une petite frayeur en entrant dans un virage avec un point mort mais ça tout les vonzistes connaissent…
 
    Voilà, ce fut court mais intense avec toutefois le regret de n’avoir pu essayer l’engin plus longtemps notamment en courbe rapide.
    Si un jour j’ai une V11, ce sera celle là !
 
    Thank you Doc’.

Retour