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ESSAI 1200 SPORT OPTIMISE "MANDELLO GARAGE" par COLT

Courageux ou inconscient, Alain C a laissé, le temps d'un week-end, les commandes de son 1200 Sport à notre goret pilote d'usine l'immense, l'unique COLT. L'esprit twinzonien dont il sait faire preuve, s'exprime à travers les impressions (une pression, une seule, on n'y croirait pas) qu'il nous délivre au travers de l'essai qui suit.

Comme quoi, les caprices de V 11 peuvent parfois avoir du bon!


Je ne reviendrais pas sur l’excellent week-end passé chez Alain C sinon pour vous dire que la Rouge m’ayant fait un caca nerveux de plus (panne de démarreur) j’ai eu l’occasion d’essayer pendant 2 jours le 1200 Sport d’Alain C.

Le fourbe, sous couvert de me dépanner en me prêtant son Piaggio, espérait que je me traînerai la B**e (oui je mets une majuscule à b**e quand je parle de la mienne) et que pour une fois, il serait devant.

C’est donc sous les quolibets de mes camarades que j’enfourche le bestiau pour une ballade de 300km et plus.

Prise en main :

  • La selle est confortable avec juste ce qu’il faut de creux pour se sentir calé par la place passager et les genoux enserrent bien le réservoir mais mes pieds ne sont pas à plat au sol.

  • Les commandes sont douces et tombent bien sous la main mais je crois qu’Alain a quelque peu modifié le guidon d’origine.

  • Contact et le tableau de bord « sapin de Noël » s’illumine ; Une pression sur le démarreur et le moteur s’ébroue. Bon c’est bien une Guzz, ça vibre juste ce qu’il faut !

  • Clong fait la 1er quand je l’engage. La 2 et la 3 feront le même bruit de BM quand on les passe à bas régime, mais curieusement la boite redevient relativement douce au-dessus de 3500 trs/mn.

  • L’embrayage est tout doux et un filet de gaz suffit pour décoller.

  • Si en statique la moto paraît pataude et le poids placé un peu haut, cette impression disparaît dès les premiers tours de roues tant elle fait preuve d’un bon équilibre.

Roulage en mode pépère (à la Alain C quoi !) :

Le temps de chauffe étant traditionnellement raccourci lors des sorties TZ, je me rends rapidement compte que le moteur est plutôt sympa, il reprend bien en bas et fais preuve de bonne volonté pour grimper dans les tours dans un bruit sympa. La position est très relax et je prends plaisir à enrouler sur le couple omniprésent. A ces vitesses quasi légales, les freins n’appellent aucune critique et la tenue de route est tout à fait sécurisante : Je me surprends à siffloter sous le casque en enquillant les virages comme des perles dans une décontraction totale.

Roulage en ville (A la Mélix !) :

Je profite pleinement de la position sénatoriale pour dominer les BAR. Les commandes douces et le grand guidon font que je ne fatigue pas du tout dans les embouteillages. Les bruits mécaniques sont contenus et je me régale à accélérer un peu entre chaque feu rouge pour le plaisir d’entendre le grondement du Mistral. Le rayon de braquage est suffisamment court pour se faufiler sans problème. Attention toutefois à la hauteur de selle pour les moins de 1M 75. Les Kékés en Café Racer qui m’accompagnent commencent à jalouser le confort de mon percheron alors qu’ils souffrent sur leurs pur-sang (surtout s’il n’y a pas de vitrines leur permettant de s’admirer).

Roulage en mode énervé (à la Doc!) :

Les moteurs sont bien chauds, les pilotes aussi et le rythme augmente sensiblement. Le moteur réponds toujours présent et il change de registre passé 4000 trs/mn. Sa voix se fait plus rauque et l’aiguille file vers le haut sans faiblir. Inutile toutefois d’aller tutoyer la zone rouge, y’a plus rien bien avant. C’est entre 4000 et 7000 trs/mn que ce moteur révèle toutes ses qualités. On dirait un gros V11 en moins rugueux. J’arrête de siffloter et commence à m’occuper sérieusement du bestiaux. Les vitesses s’enchaînent sans temps (ni points) morts, la boite faisant preuve d’une relative douceur à ces régimes et à ce rythme le moteur est vraiment jouissif. Je me surprend à tomber un rapport pour le plaisir de le sentir pousser sans faiblesse dans un bruit caverneux (merci le Mistral carbone) jusqu’au rapport suivant. Il n’est toutefois pas vraiment nécessaire de jouer du sélecteur pour rouler vite tant il est capable de repartir d’en bas pour tracter sans s’essouffler.

A ces vitesses fortement répréhensibles, la fourche et les freins avouent quelques faiblesses : La fourche en se désunissant un peu et en plongeant exagérément au freinage. Inquiétant certes, mais rien de bien dangereux et là où le V11 en Öhlins reste imperturbable, le 1200 S incite à rendre plus ou moins la main à ceux qui n’ont pas la foi et à ceux qui ont les foies !

Les freins, avec les plaquettes d’origine, on connaît : Ça freine pas trop mal mais le feeling n’est pas top et l’endurance est aux abonnés absents.

Roulage en mode goret (à la Colt)

Rien à dire sur le moulbif, sinon qu’il assure en toute circonstance avec constance et sans caprices (ça change du V11 !).

Pour la partie cycle par contre la fourche en configuration d’origine est vraiment, mais alors vraiment trop molle ; Il faut sans arrêt corriger au guidon et là ça peut vite être dangereux. Que la béquille frotte passe encore mais qu’en plus la roue avant veuille aller là où elle veut alors que l’arrière semble bien calé prouve que l’accord avant/arrière est nul. Malgré toutes les tentatives de réglages on obtient au mieux un compromis qui n’est pas satisfaisant.

Sur les freinages de trappeurs la fourche vient en butée et de toute façon les plaquettes d’origine ne supportent pas ce traitement et allongent les distances de freinage !

Conclusion :

Un moteur excellent, plein partout, coupleux, un vrai régal.

Une boite un peu bizarre : Rétive à bas régime (même chaude) et relativement douce quand le rythme augmente.

Une fourche de merde et un amorto arrière « pompe à vélo », selon Alain C qui avait monté dans un 1er temps un Fournales lui-même changé avantageusement par un EMC. (configuration de l’essai)

Des freins trop justes en utilisation « sportive ».

On se demande quand même pourquoi ce n’est pas le train avant de la Griso (par exemple) qui a été monté sur cette moto plutôt que d’ajouter quelques bouts de plastique sur une Bréva et de la baptiser 1200 Sport ?

On se doute quand même un peu de la réponse mais ça fout les boules car il ne manque pas grand chose pour que ce soit une excellente moto d’origine mais les grands argentiers de chez Piaggio ne doivent pas souvent rouler en moto. (et s’ils le font ce n’est certainement pas sur des motos que l’on trouve au Piaggio Center du coin !)

Un grand merci à Alain C pour le prêt de son 1200 S pendant 2 jours (il fallait quand même avoir confiance !!!)

Je me suis laissé dire que depuis ce roulage, Alain C aidé par le sorcier écossais de Bruniquel, avait monté des ressorts de fourche bien plus performants que l’origine et qu’après quelques réglages pour l’accorder au EMC arrière, le comportement avait changé du tout au tout. Plus de plongée intempestives ni de tortillages du cul, la moto est transformée à tel point qu’Alain C arrivait presque (faut pas exagérer !) à suivre le Doc sur des petites routes bien bosselées.

Préparation Mandello Garage :

Moteur : Filtre KN avec découpe du couvercle de la boite à air

Pot mistral carbone

Module Mandello Garage et réglage aux petits oignons par le Doc

C’est tout et ça suffit !

Partie cycle : Kit ressorts plus durs et huile 15W pour la fourche

Plaquettes AP Racing pour les freins

Amorto EMC Sportshock pour l’arrière

COLT août 2011

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