"Si j'avais un garage avec un sol en ciment et des outils, je roulerais en Guzzi."


BERNARD SOUCHON

IL NE CHANTE PAS.

IL OUVRE

"PLEIN GAZ."

 

 

 

Photo avec l'aimable autorisation du site VMA.

 
Bernard et sa Guzzi des amis de presque 30 ans.

Cela fait un moment que j’avais repéré cette Moto Guzzi noire et verte, reprenant la décoration de la 750 S3. De Lédenon à Magny-Cours, j’avais régulièrement noté sa présence dans les paddocks de l’AFAMAC. Et puis cette année, je l’ai retrouvée dans la série VMA. Bernard SOUCHON, son pilote s’est octroyé la troisième marche du podium final en PRE 80 UNLIMITED, offrant aux twins de Mandello un beau tir groupé. Rencontre d’un amateur passionné.

Bernard frise la cinquantaine avec cet enthousiasme juvénile coutumier des « vieux » motards. (que jamais ; je n’ai pas pu m’en empêcher) La moto c’est une histoire de toujours, qui remonte au Solex et à la Bleue et aux potes de l’adolescence. Les choses sérieuses commencent en 1975 avec une 400 Honda four, petite bombe qui lui offre ses premières escapades sur les routes cévenoles, si propices à l’arsouille entre copains. La grande affaire sera l’acquisition en 1978 d’une 850 Le Mans que l’on retrouvera  plus loin. Le démon de la course n’a pas été long à gagner notre gardois. Cette fin des années 70 le voit déjà rouler sur les courses de côte de la région, nombreuses à cette époque, au guidon d’une 350 Honda. De Honda il est encore question lorsque Bernard se lance en AFAMAC voilà une demi-douzaine d’années, encore avec une 350. Cette machine est pour lui synonyme de galères, ce qui le pousse à changer de monture. Et quoi de mieux que cette bonne vieille Le Mans qui ne l’a pas quitté depuis toutes ces années ? S’il est resté fidèle à la Guzzi, celle-ci aura néanmoins connu quelques refontes majeures.  Pour n’en citer qu’une, consécutivement à une vilaine gamelle sur la route qui laisse Bernard avec une épaule dans le sac et le châssis tordu, il substitue à celui-ci un cadre poutre de fabrication maison. Comme rien ne se perd, cette partie cycle une fois « remise dans le droit chemin » a repris du service sur la piste. Comme il le dit lui-même, la course avec cette moto est d’un rapport « qualité prix » imbattable. En dehors de l’essence, des pneus et des déplacements, la fiabilité et la simplicité de sa machine réduisent les coûts au minimum. Un seul bémol cette année, la casse de la boîte de vitesse lors de la course de Lédenon en mai. Autre atout non négligeable d’une Guzzi, c’est la « modularité. » Après avoir tourné plusieurs saisons en catégorie 750, changement de registre en  VMA où il roule en « UNLIMITED. » En début de saison la vaillante 7 et demi peine à suivre les plus véloces machines du lot. Pour la suite de la saison, Bernard installe alors un 1100 cc prélevé sur une épave de V 11. Cette configuration lui permettra d’être plus dans le coup, avec le résultat que l’on connaît.

Côte à côte, la 350 Honda et la Guzzi.

Les week-end de courses entre potes sont bien entendu générateurs de bons souvenirs et d’anecdotes.De ce côté là, il garde en mémoire sa participation à une manche du trophée DECCLA en décembre 2004. Sous l’impulsion de Sophie MELCION et Tony SMITH, notre sudiste traverse l’Espagne pour rejoindre le circuit de Carthagène. Courir en cette période de l’année, sous le soleil de surcroît est un événement suffisamment rare pour être marquant. Marquant aussi est la chaleur de l’accueil ibérique et la taille impressionnante de la coupe qui récompense sa sixième place à l’arrivée de la course. En 2007, la Guzzi qui redeviendra une 750 en raison de la refonte des catégories du championnat VMA  devrait à nouveau animer la série. Je dis devrait, car il est possible que pour des raisons personnelles Bernard mette la compétition en sourdine, mais une chose est sûre, il sera dans les paddocks pour soutenir ses potes de l’association « PLEIN GAZ. »

PLEIN GAZ, c’est avant tout la communion d’une bande de potes autour d’un projet simple et précis : faire rouler des motos anciennes sur circuit, que ce soit en course ou en démonstrations. Cette structure a vu le jour après la dissolution du Moto Club Cévenol dont sont issus les membres du groupe. Le but était de reprendre et faire perdurer la bourse moto organisée deux fois l’an à Alès. Les fonds récoltés à cette occasion permettent ainsi l’acquisition de matériel commun qui facilite la vie et « le travail » lors des déplacements sur les différents circuits de l’hexagone. Vous reconnaîtrez aisément le team « PLEIN GAZ » Ils font rouler pas mal d’Italiennes, des  monos Ducati notamment, mais point de sectarisme chez eux ; quatre cylindres Honda ou TZ Yamaha sont aussi de la partie. En bref, bien des machines sportives ou de course qui ont marqué la fin des années 60 et une bonne partie des années 70.


On sait que les mordus d’anciennes sont des férus de mécanique. Pour certains cela confine à l’art. Dans le lot des machines de l’association j’ai été impressionné par un 250 Yam deux temps, quatre cylindres en V. Cette machine, jaillie du cerveau prolifique de Jean Pierre CARLE dit « NANO » est le fruit de l’accouplement de deux moteurs de 125 TA. Le résultat est tout simplement bluffant. A tel point que Phil READ, dont la signature orne le dosseret de la bête est tombé sur le cul en la découvrant aux coupes Moto Légende. Il a tenu à enfourcher l’engin et à faire craquer cette mécanique hors norme. A quatre cylindres également, mais en ligne et quatre temps, on ne peut pas manquer la réplique de Benelli 500 identique à la machine du regretté Renzo PASOLINI. La qualité de réalisation de cette moto due à Alain VIOLET dit le « NAIN » ainsi que sa rareté en font un objet à ne manquer sous aucun prétexte.


Bernard SOUCHON et ses potes de « PLEIN GAZ », de véritables amateurs, au sens premier du terme, que je ne peux que vous conseiller d’aller rencontrer sur les pistes de vitesse française. Que ce soit pour admirer leurs bécanes ou leur adresser quelques mots d’encouragements, vous serez les bienvenus.

 

La BENELLI du "Nain" et la YAMAHA de"Nano", deux machines nées d'une même passion pour la mécanique d'exception.
Prenez un moteur de 125 TA, un second, créez un carter commun et vous voilà le père d'un 250 deux temps 4 cylindres en V.