"Le monde est tellement con, on dirait que c'est moi qui fais tout. "


LA PREMIERE FOIS

"Jamais de la vie on ne l'oubliera la première fille qu'on a pris dans ses bras, la première étrangère à qui l'on a dit tu..." Brassens l'a si bien chanté. Il est des premières fois inoubliables, pour ce qu'elles représentent, pour leur contexte. Le TROFEO ROSSO 2010 fut pour Colt une sorte de bal des débutant(e)s. En quelques lignes de son cru, il nous fait vivre ce week-end mémorable. De touriste rapide, le voici promu au grade de pilote d'usine, avec tout ce que cela sous entend d'avantages et d'inconvénients. En tout cas, je vous rassure, redevenu touriste au lendemein de l'expérience, il a sans difficulté enfilé son beau casque! A lire au second degré of course! ;-))

Histoire de faire souffrir (un peu) sa modestie méridionale, je vous fais profiter d'un document qui vous révèle une autre facette de notre pote. Partie de campagne.


Pour moi, l’aventure avait commencé bien avant ce week-end fatidique de juillet par le tirage au sort du second pilote lors de l’Open Bar de février.

Comment annoncer, à ma femme dans un premier temps et au chirurgien dans un second, qu’il me fallait être prêt à dompter un monstre de puissance brute sur circuit, moi qui n’y avais jamais posé une roue de moto, pour le second week-end de juillet ???

L’amour de l’une et le talent de l’autre firent que je fus d’attaque dès le mois de juin pour une journée de déverminage sur le circuit du Luc où tout se déroula à merveille dans une ambiance dont TZ a le secret.

Le staff technique avait bien préparé son affaire et la MGS 02 fonctionna à merveille malgré une petite alerte : Le mécano préférait se remplir la panse que le réservoir et je faillis tomber en panne d’essence à l’autre bout du circuit !

Enfin le week-end tant attendu arriva et nous voilà partis de bien bonne heure, Grober et moi avec un jour d’avance sur le gros de la troupe,. En effet, nous avions décidé dans un premier temps de faire le voyage en side, mais celui-ci n’apprécia que moyennement l’honneur de trimbaler un athlète de haut niveau, un champion, un cador, un poids lourd, un as (biffer les mentions inutiles) et se mit en grève sitôt la porte du garage franchie au retour d’une fort belle journée « side TZ ».

Qu’à cela ne tienne, nous irons donc chacun sur notre monture préférée mais toujours avec un jour d’avance : L’occasion était trop belle de faire une étape dans l’antre de notre sorcier à Bruniquel, d’autant que Pascal XI nous y rejoindrait. Après une journée de roulage sans encombre sous un ciel radieux et quelques bonnes petites arsouilles, nous fîmes halte pour faire le plein à Saint Antonin, à une vingtaine de kilomètres de Bruniquel. Une vingtaine de kilomètres de longs virages tels que les heureux possesseurs de V11 ne peuvent s’empêcher d’avaler à un rythme plus que soutenu, tellement soutenu d’ailleurs que le Grob et moi nous sommes arrêtés cinquante bons mètres après l’entrée de chez Alain et après un freinage digne des plus belles pages du Joe Bar Team !!!

Accueil toujours aussi chaleureux à Bruniquel avec Soraya aux petits soins pour son papa chéri et ses invités ; Pas le temps de boire la cinquième tournée de Ti-punch que déboule Pascal XI couvert d’insectes en tout genre. C’est à peine descendu de moto et le cuir tout juste enlevé que le gaillard nous tends une flasque argenté pleine d’un liquide que l’on devine ambré et que l’on sait fortement alcoolisé.

"-Je sais pas ce que vous buvez, mais goûtez ça !

Pour goûter, on a goûté et vous savez quoi ?  Y avait de la pomme!!!

Après un barbeuk à la lampe frontale, une salade gargantuesque et une soirée pendant laquelle on apprendra que le câble du compteur de Pascal est cassé :

-Je roule au compte tour : D’ailleurs on est à combien à 6000 ?"

Il est temps d’aller se coucher et pour moi de tenter de dormir à côté du champion du monde toute catégorie du ronflement.

Le lendemain, réveil un peu pâteux pour tout le monde (sauf pour Soraya, je me demande pourquoi ?) et après un solide petit déj' on prend la route direction Awouaille !  Je vous passe les détails de cette journée de roulage sans grands intérêts à part la pause de midi et le carton au milieu de la route qui nous obligea à une manœuvre d’évitement d’urgence parfaitement réussie !

Nous filons Grober et moi directement au circuit et prenons possession de la MGS 02 auprès de Mathieu qui en avait assuré le convoyage depuis le Grober Technic Center. Passage de la moto et du pilote au contrôle technique sans soucis et rencontre de nombreux forumeurs venus soutenir la fine équipe et des pilotes que je vais devoir tordre le lendemain : Cendrillon, Toto, Sergio. Laurent a de la chance, nous ne roulerons pas ensemble et pour cause, nous partagerons la même machine, sinon il y serait passé lui aussi !!!

Vers 19h00 nous mettons le cap sur le campinge pour une douche bien méritée et installation dans le mobil home « Staff ». Puis vient enfin le moment de l’Apéro : Retrouvailles et premières rencontres en vrai émeuvent pas mal de monde, à moins que ce soient les nombreux et pas toujours identifiés breuvages qui font glisser la saucissonnade géante autour de laquelle tout le monde gravite. Première soirée fort sympathique pendant laquelle on parle de tout et de rien, mais surtout de nos brêlons adorés et des joies qu’ils nous procurent.

Le lendemain réveil de bonne heure et tête dans le c*l pour tout le monde car Marie roule de bonne heure, Toto et Laurent peu de temps après.

Finalement Toto ne roulera pas avec nous pour le moment mais ce n’est que partis remise…

La pression monte pour moi qui n’ai pas le droit de décevoir mes nombreux fans. Non sans déc, je commence à être tendu et le chambrage permanent dont je suis l’objet n’arrange pas les choses, mais comme un vrai pilote d’usine, je me retire dans ma bulle et fais le vide (je sais c’est facile avec le peu que j’ai dans la tronche). Laurent en est un lui de pilote d’usine et je vois bien que mon stress le fait sourire, ce qui ne l’empêche pas de me donner un tas de conseil pour que je prenne un maximum de plaisir ; Qu’il en soit ici remercié.

Le moment tant attendu arrive enfin et me voilà en pré-grille avec Marie et Sergio. Encore quelques minutes et les fauves sont lâchés ; le premier tour est crispant mais les autres sont un vrai régal. Je peste contre ces commandes reculées de m****e mais comme ce sont les miennes, je ne peux blâmer personne. Ce sera la seule fausse note d’un week-end en tout point parfait. Les organisateurs ont mélangé les séries « expérience nulle de la piste » et « expérience moyenne de la piste » et bien qu’étant parmi les nuls, je n’arrête pas de doubler pour rattraper Marie mais je n’y arrive pas (à moins que je ne l’aie doublée sans m’en apercevoir !). Bref, je me régââââle !

Retour au stand sous les ovations d’une foule en délire et, après une séance de dédicace interminable, je peux enfin prendre un peu de repos. (On peut rêver non ?)

 Je ne roulerai que le lendemain à la première heure et j’en profite donc pour discuter avec un tas de TZ boys and girls tous plus sympas les uns que les autres et faire un petit tour à la buvette.

La moto marche pas mal mais le Doc est persuadé qu’avec un réglage aux petits oignons, elle enfumera tout ce qui roule. C’est en fin d’après-midi que la MGS 02 passera entre les mains du Sorcier de Bruniquel qui s’apercevra que le module ne fonctionne pas. Qu’à cela ne tienne, je resterai gaz en grand un peu plus longtemps que les autres et ça devrait le faire.

Déjeuner à la Ferme avec une bonne partie de la bande à TZ plein de bonne humeur et après une simili sieste, promenade sur le circuit et tour de paddock pour admirer de superbes machines et comme souvent, petit tour à la buvette pour une bonne mousse.

Les copains ont fini de tourner et le matos est rangé, on peut donc se rendre au camping pour Le Barbeuk TZ précédé comme il se doit d’un apéro tellement joyeux, qu’il nous faudra émigrer pour éviter le courroux de pêcheurs insomniaques. La soirée continue dans une ambiance bon enfant jusqu’à une heure bien avancée. Je voulais me coucher relativement tôt pour être en forme le lendemain, mais après quelques minutes de calme relatif, la terrasse du mobil-home "Staff" est envahi par une bande d’énergumènes que l’envie d’aller dormir n’effleure même pas tant qu’il restera un fond de bouteille de n’importe quoi, pourvu que ce soit fort ! Je me coucherai finalement assez tôt, mais le dimanche matin !!!

Réveil pénible, petit déj' vite avalé et direction le circuit avec Toto. On est à la bourre et la Seat de sa chérie se traîne ce qui ne le change pas trop de son V11 !!!

A peine arrivé, je dois m’équiper et faire chauffer la MGS 02 car la préposée au micro s’égosille pour nous appeler en pré-grille (une constante du week-end). Marie partira devant moi et cette fois-ci, j’arriverai à la rattraper et la suivrai un moment. Elle roule super propre, dessinant de superbes courbes, le genou presque par terre et c’est beau à voir mais un peu lassant à cette vitesse. Au bout de quelques virages je la déposerai proprement (ou plutôt comme un cochon) et elle ne verra bientôt plus qu’un petit point à l’horizon !!! 

J’étais tellement concentré sur mon pilotage (ou son absence d’ailleurs) qu’au bout de la ligne droite je ne verrai pas le drapeau à damier italien signalant le dernier tour, masqué qu’il était par trois pilotes à qui je faisais un freinage de trappeur. Mathieu, marshal sur cette cession, était dans ma roue depuis un petit moment quand il décida vers la fin du tour de me dépasser. Bonne inspiration qu’il a eue, sinon je ne rentrai pas au stand et je chargeai le commissaire au drapeau rouge sur le té de fourche !!!

Une grosse bises à Benoit qui a attendu la fin de la session pour rentrer sur Lyon sur son joli mais peu efficace 1100 Sport !!!

Re-repas à la ferme et préparation pour ma dernière cession. Cette fois Toto s’est débrouillé pour rouler avec moi car Marie prenait la route en direction de Paris après avoir transformé son Rossa Corsa de piste en mulet chargé à bloc. J’en suis toujours escagacé : Ce petit bout de femme m’a donné une leçon de volonté et de courage. Perso, j’aurais été bien incapable de m’infuser 400 bornes ou plus après cinq cessions de roulage, chapeau bas Madame.

Pour cette ultime session, la caméra prêtée par Buzzi est montée sur le bracelet de la MGS 02 et je me cale derrière Toto pour le filmer.

Malheureusement, elle ne filmera que quelques minutes d’attente en pré-grille !

Heureusement Toto et moi n’en savions rien et c’est une bourre bien saignante qui va durer 20 minutes qui démarre. Je prends la roue de Toto et me rends compte qu’il roule bien le bougre, le genou et le cul sortis comme un grand. Mais il se traîne quand même et au bout de quelque temps, je lui montre que je peux le doubler quand je veux, où je veux… (en fait, je suis en vrac partout et le passe à la faveur d’un freinage de goret). On en a complètement oublié les autres participants, les dépassant dans tous les coins même impossibles !!! (pas tous quand même, y’avait aussi de sacrés avions de chasse)

Ces putains de commande reculées se rappellent à mon bon souvenir et la fatigue du week-end aidant, les faux points morts commencent à apparaitre mais qu’importe, cette session restera pour moi un souvenir inoubliable.

Difficile de retranscrire les sentiments éprouvés dans ces moments de bonheurs quand on n’est pas écrivain. J’ai maintenant un ami, qui comme moi a pris un pied immense, et à qui je penserai toujours avec l’émotion de la première bourre partagée sur circuit.

Anthony je t’aime !!!

Aux sourires qui nous accueillent à notre retour au box, nous réalisons que les spectateurs aussi se sont régalés et que les pilotes TWIN ZONE leur ont fait honneur.

C’est dans une ambiance comme on les aime que commence le remballage des outils, caisses etc… Après toutefois que Grober ait ponctionné sur la MGS 02 ses pots Mistral et Big Yéti son amortisseur gracieusement prêtés. Les vannes et les calembredaines fusent et les éclats de rire ponctuent les réparties fleuries.

La soirée sera-t-elle aussi un vrai moment de bonheur, avec un Smed en pleine forme et les « retardataires » ne regrettant pas d’être restés : Nous aurons la chance de voir en live la Fièvre du Dimanche soir s’emparer de la patronne sous les assauts répétés de Smed et Scuralain se disputant ses faveurs.

Le lendemain, la séparation fut douloureuse tant ces quatre jours furent pour moi un véritable bonheur mais il nous fallait rentrer pour retrouver nos vies respectives.

Nous ferons la route avec Pascal, notre Grand Gourou Rebelle Chic et là aussi le plaisir fut au rendez-vous : Peu de monde, de belles routes et cette camaraderie sans faille qui nous fait rire des mêmes bêtises et briller nos yeux d’un même plaisir.

Je ne peux terminer sans vous remercier tous pour ces grands moments que vous m’avez permis de vivre. Je n’avais jamais roulé en moto sur circuit et vous m’avez offert des conditions dignes d’un pilote d’une petite usine. Ce fut une expérience que je n’oublierai jamais.

J’ai trop peur d’en oublier pour tenter de citer quelques-uns uns d’entre vous, mais sachez que cette aventure restera pour toujours dans ma mémoire comme La Première Fois.

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