Après un premier essai fructueux en 2006, Phil & Sandrine étaient repartis en 2007 sur les routes du rallye de la Sarthe. La mécanique dictant sa loi, ils n'avaient pu allier l'arrivée de l'épreuve. Toujours aussi motivés, ils sont repartis le couteau entre les dents cette année, avec à la clef quelques belles joies. Phil nous les fait partager de l'intérieur en narrant par le menu tous les moments de cette première manche du championnat de France des rallyes routiers. |
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Alleï !!! une fois n’est pas coutume, nous commençons la préparation de l’attelage très tard. D’habitude nous attaquons ça avec Willy après les fêtes, cette année en Mars… Les principales choses à faire sont le changement du train de pneus et le perçage des écrous de fixations des étriers de freins. Sans oublier bien-sur le montage de la caisse de Rallyes. Pour le perçage des dix écrous, direction chez mon beauf qui a une perceuse à colonne et pleins, pleins de petits forets… Une petite heure, sept forets cassés, et quelques 110 000 bon dieu plus tard me voilà reparti avec mon bazar sous le bras ! Au démontage des roues et plus particulièrement l’arrière, les entretoises dégringolent par-terre et nous ne repérons pas leurs sens… Grave erreur ! Au remontage, déjà que le cardan pèse un âne mort, y’a plus rien qui va ! Tout re-démonter vérifier dans un sens puis dans l’autre… Arff un bon gros fou-rire plus tard, presque une heure, et tout se remonte enfin… J’ai profité du démontage pour graisser les croisillons à la graisse Bonneville, une vraie partie de plaisir aussi… La confirmation d’engagement arrive, nous n’avons pas travaillé pour rien, c’est officiel nous serons de la fête pour ce 51éme Rallyes de la Sarthe ! Quelques temps plus tard le Road-Book arrive. Nous avons cette année fait quelques recos, en famille et en voiture. Le routier ne présente pas trop de pièges de jour. La nuit, il faudra se méfier d’avantage… Pour repérer les spéciales, la voiture n’est pas si mal, surtout pour nous side-cariste. C’est toujours mieux d’avoir un véhicule à deux traces. La première (ou Coulans 1) et très (trop) rapide, mais elle est très belle, assez large avec deux épingles, une à gauche au début et une autre à droite plutôt serrée juste à l’arrivée. On verra bien, mais je pense que dans celle-là, nous allons prendre cher par rapport à l’armée de quatre cylindres du plateau side de cette année… La deuxième (ou Coulans 2) est une « vielle » connaissance, nous l’avions montée lors de notre première participation… J’en garde un souvenir moyen, puisqu’elle est particulièrement bosselée (même si c’est ce genre de route pour « gros cœur » qui font les vrais Rallyes et que dans le fond c’est ce que je préfère…) En 2006, nous avions été trimbalés dans le milieu de cette spéciale où il y a une montée assez franche avec pêle-mêle, un gros trou, suivie d’une compression qui fait dandiner l’attelage sur les dix mètres qui restent avant de se jeter sur les freins pour prendre une équerre à droite… Le chassis avait touché, mes dents avaient claqué et mon caleçon avait subi quelques outrages… Le jour « j » approche et comme d’habitude la petite boule à l’estomac aussi… Je tourne en rond passe à côté des choses sans les voir… Dans la dernière semaine avant le Rallye, je ne pense qu’à ça… Nous partons finalement pour La Suze en début d’après midi le Vendredi 4 Avril, c’est a dire plus tard que les autres années. Je suis un peu « irritable » et même les plaisanteries douteuses de Willy ne me dérident pas… C’est sûrement parceque je sais trop qu’il s’agit sans doute de notre dernier Rallye que j’ai les boulettes… Arrivés à La Suze, nous retrouvons le petit monde du Rallye circus avec grand plaisir. Direction le parking du fond comme l’an dernier, et là, bonne surprise, puisque la majorité des side-caristes ont planté là… Chaude ambiance, et mauvaise fois à l’heure de l’apéro…Nous somme 17 attelages au départ, et tous serons à l’arrivée ! Direction les contrôles administratifs et techniques où cette année tout se passe bien pour nous. C’est toujours sympa de retrouver les bénévoles que nous ne voyons qu’ici, et qui commencent à nous reconnaître, avec quelques mots d’encouragement : « Allez cette année la Guzz’ ne vous fera pas de farce, vous allez rouler et vous faire plaisir ! » Ce genre d’attention fait du bien à entendre… Le repas du soir est pris presque en groupe, même si nous somme chacun de notre côté, nous nous retrouvons entre side-cariste et ça chambre gentiment… C’est l’occasion de faire le tour des nouveaux attelages du championnat. Nous tombons en arrêt devant le nouveau jouet de Laurent et Bouba. 21 h 00 C’est l’heure du briefing pilotes, nous apprenons que François Fillon vient demain inaugurer une pierre sur le circuit et que les cinq dernières cases du Road-Book avant l’arrivée sur le circuit sont caduques. Il faudra suivre les flèches et rentrer par l’entrée principale du circuit…Ce petit changement de programme nous jouera quelques tours plus tard… Direction l’hôtel pour une courte nuit à refaire les spéciales dans le plumard ! Debout six heures, nous ne partons pas les premiers cette année. L’élite (nouveau nom pour les vingt premier du champ’) nous précéde et c’est tant mieux ! Cela nous permettra de nous lever un peu plus tard et de les voir rouler sur le circuit… A nous de jouer maintenant. Comme d’hab. nous nous retrouvons entre licence à la journée avec Jean-Pierre qui est cette année passager, Ponpon et son fidèle flat-twin et un nouveau venue en Hayabusa que nous connaissons pour l’avoir rencontré sur quelques rassemblements… Il y a aussi Denis Grunblatt avec son ZX12R DJ sport, mais comme il est en fauteuil roulant, il n’a pas l’autorisation de faire de courses en paquet. Il fera donc ses six tours du Bugatti seul ! Tous les participants le regrettent sincèrement… Le tour de chauffe et le tour de formation effectués, c’est le feu rouge qui s’allume. Les pulsations déjà pas mal emballées s’accélèrent ! Feu vert tout se libère ! Nos deux premiers tours ne se passent pas trop mal en solitaire. Le GSXR 1100 GX racer de JP et son pote Jean-Jacques sont une seconde devant nous et d’un seul coup je me rends compte que je reviens sur eux au freinage. Au début c’est imperceptible, puis de plus en plus… Le vieux gex fume méchamment, et sent l’huile à plein nez, je me dis d’abord qu’ils sont en train de casser… Je recolle et tarde à les doubler. J’ai du hésiter quinze secondes ce qui suffit à ce vieux grigou de Ponpon pour nous coller aux miches ! Pendant les deux derniers tours, je fais n’importe quoi, et mes trajectoires sont plutôt hasardeuses, Après une liaison sans histoire, les choses sérieuses commence avec le premier passage dans Coulans 1. Je ne suis pas très détendu et je brutalise la V11, le compte tours bordaille avec la zone rouge et je bloque mes roues plusieurs fois au freinage… Résultat 1’55 ‘’781, 12éme side-car… De retour à La Suze, nous mettons l’attelage en parc fermé rapidement. Tout va bien, il n’y a rien à faire, que de l’essence… Nous prenons le repas du midi avec Floriane et Remy, venus comme l’année dernière nous faire un petit coucou et passer un peu de temps avec nous. D’autres sont passés nous voir, il est difficile de citer tout le monde... J’ai beau me dire qu’il faut que je mange, que la journée va être longue, ça passe mal… Alleï un bon café (merci p’tite mère) et ça va déjà mieux ! Nouvelle liaison « bucolique » jusqu’au départ de Coulans 1 pour la 4éme spéciale de la journée… J’essaye de m’appliquer, de soigner mes trajectoires et « d’enrouler », je passe un peu prêt d’un talus, et Sandrine effleure l’herbe avec son casque… Donc nous montons « presque » plus proprement en 1’55’’107… 13éme side-car. Cette fois, je me suis régalé ! Après avoir fait les contrôles d’usages et le plein, nous mettons la V11 en parc fermé, en attendant 20 h 45 et le départ pour la boucle de nuit. Nous croisons Bouba Chanal avec une grosse bouteille d’eau de 5 l. Pour l’apéro ! « Et alors ! Comment crois-tu qu’on va si vite !?! » M’est avis qu’il y a autre chose quand même… Je crois que ça s’appelle le talent… C’est alors qu’il se met à pleuvoir pour de bon ! Là, il drache sérieusement ! Hervé Laure a le sourire… Il faut dire qu’il est un maître dans l’art de dompter son 1300 dans ces conditions ! Nous croisons aussi Swell qui à passé son temps à chercher son Peerke… Faut dire qu’avec sa 125 « camouflage » il est du genre furtif ! Enfin là, comme il pleuvait, il avait juste rentré la brêle dans la piaule, histoire de monter ses loupiottes au sec ! L’attente avant le départ pour la boucle de nuit est un peu (trop) long, avec le passage à l’heure d’été, nous devons partir assez tard pour que cette étape se passe de bout en bout de nuit… Nous partons à la tombée de la nuit, entre chien et loup comme on dit. J’ai de plus en plus mal à la main gauche, ça devient pénible de débrayer… Ma pédale de frein arrière est de plus en plus molle, elle arrive en butée et je n’ai plus de frein arrière au départ de la spéciale. (ouf ! c’était donc bien elle !) L’éclairage d’origine de la V 11 ne s’est pas amélioré depuis l’an dernier, et je n’ai toujours pas monté d’ampoules au xénon… Résultat moyen, nous montons en 2’02'439 et 13éme side-car de nouveau, avec juste le frein avant. (une pince sur l’avant, et une autre sur le side) Je pense pouvoir mieux faire, surtout que la nuit les défauts de la route se voient beaucoup moins, voir plus du tout… La preuve Ponpon est monté plus vite de nuit que de jour ! Nous sommes en route pour le Bugatti quand nous arrivons à la fameuse flèche à gauche, alors que le Road-Book indique à droite… Notre premier ministre est sûrement reparti depuis fort longtemps, mais nous décidons de suivre comme le matin, la flèche et pas le Road-Book. (Je sais c’est pô bien !) C’est le départ de l’avant dernière spéciale sur le Bug. De nuit pour un tours et à l’envers ! Bha ! J’ai rien compris ! Dans le noir, la piste paraît encore plus large, j’ai touché plusieurs fois les vibreurs et pris quelques virages à angle droit pas prévu du tout ! 2’18’’765 et 15éme side… Avant dernière liaison. Nous rattrapons Dédé et Anne-Marie, je comprends qu’ils en ont gros sur la patate, dans notre mésaventure de tout à l’heure, ils ont pris 45’’ dans les mirettes… Dédé tire tout droit(sans dommage) à un embranchement où nous devions tourner à droite. Je passe devant, et je décide de tout donner pour le « tirer » dans les meilleures conditions. Sans être au-dessus de mes pompes ça va très vite, nous arrivons avec beaucoup d’avance au pointage… Je m’approche de Dédé, lui tape dans le dos et lui sort un truc du genre : « Faut rien lâcher ! Les autres aussi peuvent prendre des pions avant la fin du Rallye ! » Il me répond : « C’est pas ça, j’ai plus que le phare de la moto ! Les longues portées ne fonctionnent plus depuis le circuit ! » « C’est sympa d’être passé devant, j’y vois que-dalle ! » Bon bha au moins, on a pris plaisir à « enquiller » ces belles petites routes de nuit… Banzaï dernière spéciale de ce Rallye. (Toujours Coulans 2) Je me suis habitué à ne freiner que de l’avant et je ne sens plus ma main gauche ! Comme ça au moins elle ne me fait plus mal ! Au départ j’ai lâché l’embrayage d’un seul coup ! Nous avons failli emmener avec nous la cellule et ce pauvre Jean-Pierre Marin… On m’a dit un peu plus tard qu’il a juste eu le temps de faire un petit saut de côté pour nous éviter…(Pardon Jean-Pierre…) « C’est la dernière » cette phrase tourne dans ma tête pendant toute la spéciale ! 1’55’’280 et encore une fois 13éme side-car… Dernière liaison, dernier passage par Chaufour. Finir ! Finir notre dernier Rallye ! Je n’ai plus de démarreur depuis le circuit mais ça démarre en poussant ! tout va donc très bien dans le meilleur des mondes… Après une bonne douche, au dodo, le lendemain à la remise des prix, il tombe un mélange de neige et de grésil (Les sudistes s’en donne à cœur joie à propos de « notre » météo Sarthoise), Le grand Serge Nuques gagne ce Rallye devant Emmanuel Siaux et Nicolas Derrien ! Tout le monde est très heureux et fier pour cet « enfant » des Rallyes, c’est une juste récompense pour lui et pour ses parents qui ont fait, font, et ferons tellement pour le petit monde des Rallyes… Cette année seulement quatre femmes au départ de ce Rallye, dont trois passagères de side. Sandrine repartira donc avec un joli pot de fleurs et les conseils des super mamies qui font les contrôles administratifs… Pas de trop ces conseils ! Pour sauver la vie de cette pauvre plante voué à une mort certaine sans cela… (elle a pô la main verte, m’enfin on peut pô être bon partout !) Voilà ! Le Rallye est terminé, nous avons été une nouvelle fois les témoins de la convivialité de ce Championnat familial, où jusqu’ici l’esprit fleure bon l’entraide et la fraternité. Des exemples, j’en ai à la pelle comme quand Dédé en fin de Rallye donne ses chicanes à Thierry « Choupa-Choups » menacé qu’il est d’être recalé au prochain contrôle sonomètre. Ces deux là se sont pourtant bagarrés à coup de secondes toute la journée… Encore une belle aventure ! Suite au prochain épisode… Enfin peut-être… Phil. Remerciements à : Willy (&Dany) pour tout ce qu’il fait pour nous ! Aux mordus de Twins du Forum Twin Zone. Pour leurs soutiens tant pécuniaire que moral ! A nos potes de Jap’Moto 28 et EUROMOTOS pour le coup de mains et les conseils mécaniques pour que cette année nous allions au bout !! Remerciement aux photographes : Jean-Pierre Marin, Stéphane Martin, Eric Sauvage, Véronique Sauvage, Floriane&Rémy Cosnuot, Maïté, André Dideron, Et bien-sur Willy Deneau ! |
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