"Si tu mets une ville dans un oeuf, c'est les pauvres qui vont habiter dans le blanc, c'est sûr. "


SARTHE 2007

AlleïïÏ … Il ne faut pas se mentir. Il m’a fallu un peu de temps pour me décider à vous faire notre compte rendu de ce 50 ème Rallye de la sarthe. Déçu que j’étais de n’avoir pas terminé…

Sans être complètement rodés c’était notre deuxième Rallye, donc nous devions surtout reprendre nos marques ; la préparation s’est déroulée presque sans histoire. L’objectif était d’avoir plus de « lumière » pour la nuit. Donc d’ajouter un longue portée (pas encore les moyens de mettre des xénons) … Pour être tranquille, il fallait aussi virer la batterie d’origine pour une batterie automobile …

A donc, Willy est toujours aussi opérationnel et de bonne volonté, tout est prêt, la batterie de voiture fixée correctement dans le coffre… Pas moyen de démarrer. Tout vérifier et même plus, changer les câbles d’alimentation (6² en lieu et place de vieux câbles de « pinces » pour démarrage de secours) sur les conseils d’un électricien auto sympa. Malgré cela toujours rien ! Maintenant il faut dire que nous avons bricolé ça au moment où de tout l’hiver, il a gelé entre –8 et –12 toute la semaine… Et… ce bon Willy se souvient de sa vielle Deuch, des fois le démarreur y collait ! Là… âmes sensibles s’abstenir …  Marteau ! bout de ferraille et vlan sur le dem ! Bouton magique et vraouuum !
Ca y’est me v’la habillé pour l’hiver. Le Béhèmiste chartrain sera à n’en point douter volubile … avec force, gestes sur comment on fait pour démarrer une Guzz’ quand ça caille(1)… Coup de fil à Tricou (Euromotos) pour savoir si ça arrive souvent à Masevaux dans son Alsace natale… et : « Ya ya c’est pas rare quand c’est fôôrt froid deuhôrrrs …»

Pour terminer la préparation, nous avons monté sur les conseils d’Albert Choin des krokettes Carbone Lorraine, c’est beaucoup mieux… La prochaine étape pour revenir à un freinage de moto (c’est à dire à deux doigts) serait le montage d’un master vac (cerveau frein de bagnole)mais y’en a pour pas mal de ronds… Enfin il était question de récupérer des Yokohamas comme peuneus, (merci quand même Pierrot) sauf que la plus petite taille étant 185/65 14, le bras oscillant de la v11 n’est pas assez large… Tant pis et si par bonheur c’est sec ça l’fra avec nos Dunlop ! Le jour du rallye quelques uns des side-caristes me diront que j’aurais mieux fait d’en monter au moins un à l’avant pour un meilleur guidage… (voir la pitite vidéo sur le site…)

Pour la préparation physique j’ai arrêté le pain avec la pasta, et ma passagère soigne ses petits bras musclés à la salle de sport… Une semaine avant le rallye quelques recos sur place avec le road-book… Suffisamment pour trouver quelques coquilles sur celui-ci, et nous faire deux belles chaleurs : (par un froid de canard c’est pô si mal, ouarf !!!) un joli tête à queue dans un gauche en liaison, pris, disons, de manière « optimiste » et un croisement rock’n roll avec un autochtone motorisé… Pour tout dire j’ai senti le vent de son par-choc arrière sur ma guibolle  gauche…

Le jour « J » est arrivé et je me sens étrangement serein… Le side est chargé sur la remorque. Tout est prêt ? On n’a rien oublié… Merd’alors l’extincteur ! Obligatoire depuis cette année, déjà que nous n’avons pas trouvé de tapis absorbant pour les hydrocarbures… heu… moins serein d’un coup…

Bon ça y’est tout est rentré dans l’ordre, on roule vers la Suze, tout va bien… Ah bâ tiens il neige ! Ça s’annonce beaucoup mieux que l’année dernière ! bhûû même pô peur, et pis c’est pas maintenant qu’on va se dégonfler !
Nous nous installons peinard sur le parking du fond, bizarre, nous somme là plus tôt que l’année dernière, et y’a déjà plus de place sur le parking de la gare ! C’est ambiance moto-tour sur ce 50éme rallye de la Sarthe, camping-car à gogo et big camions d’assistance… Voilà qui fait bondir « notre » Willy ! C’est la rançon de la gloire… difficile à avaler quand, comme lui on a connu une époque où les rallyes n’étaient pas à la mode et où le plateau était « garni » par les licences à la journée… Barfff ! Même si je suis conscient que nous n’égalerons jamais son nombre de participation, je me dis que nous somme là pour « perpétuer » la tradition des licences « une épreuve »…

On se fait un petit resto sympatoche et pas cher du tout, copieux en plus! (Pas moins de 100 g de rillettes par personne en entrée) Ambiance « très » décontractée avec aux tables à côté : Thomas Laroche, Emmanuel Siaux et ze Chevalier en pleine forme ! Tout ce monde là carbure au gros rouge et discute fort. Marc Granié est là aussi et ça fait du bien de le revoir en forme après son « accident de travail »… 

Bon (burp !) c’est pas tout ça mais les vérifs administratives ouvrent à 15h00 et en bon ancien du Ducateam, je sais qu’il est de bon ton d’être parmi les premiers (merci Etienne !)… Mieux que ça puisque nous avons fait la pôle ! Et les emmerdements commencent ! Pour les licences une épreuve il faut un certificat médical avec la mention apte aux sports motocyclistes, le médecin a mis deux fois le même prénom ! Le directeur de course ne voudra rien savoir ! Coup de fil au toubib qui n’arrive pas avant 16h00, pour qu’il nous fax un certif’ en règle à l’hôtel à côté, biscotte y’a pas de fax au pc administratif…
Une heure et demi plus tard retour vers les supers mamies en charge des licences. Elles nous accueillent avec le sourire, heureuses qu’elles sont de nous voir « en règle »… heu… pas tout à fait, l’assurance est au nom de Madame et c’est Monsieur qui pilote. Il aurait fallu faire une déclaration de prêt !  Là, sœur thérése.com arrive… ça suffit foutez leur la paix ! Y’a pas qu’ça à faire…

C’est parti pour les vérifs. Techniques. On apprend que les 50 ou 60 premiers ont étés recalés, soit parce qu’ils n’ont pas remplacé le liquide de refroidissement par de l’eau(2) (ce qui n’est pas obligatoire dans le règlement des rallyes routiers, mais conseillé pour la Sarthe…) soit parce qu’ils n’avaient pas freiné les boulons maintenant les étriers de freins…

Ca commence à ronfler sévère ! Certains iront dire ce qu’ils pensent aux organisateurs… En ce qui nous concerne, j’ai beau chercher sur le règlement il n’est noté nulle par qu’il faille percer et freiner les écrous d’étrier… On nous répond qu’on ne nous a jamais demandé de percer ! Juste de mettre un fil de fer autour … !!!  J’ai failli exploser de rire! Willy a trouvé ça moins drôle, pitoyable même… D’autant qu’on nous a réclamé des choses pas obligatoires, sans contrôler ni l’extincteur, ni le tapis absorbant, qui eux, le sont … Moins d’une heure après tout ce foin, nos « gentils » commissaires de la FFM faisaient moins de zèle et tout le monde était bien content…

D’un coup c’est l’été ! Après la neige de ce matin c’est grand beau ! Bon ça caille ! Mais point de pluie et plus de neige ! Pourvu qu’ça dure !!!

Avec le changement d’heure, cette année on mange de jour… Alleïïï il est l’heure d’aller coucher les rallyes-man et les vieux… Cette année nous n’avions pris qu’une chambre à l’hôtel, et l’ancien est en plein délire fantasmatique… J’vous jure, les cinquantenaires on a du mal à les tenir!(3) « Qui c’est qui va dormir dans la couchette du haut ? » et « J’ai pas les pieds froid, demande à Dany ? » C’est fini oui ! Tu mets ton pyjama en flanelle et dodo là haut!

 Réveil matin 5h30, la tête dans l’cul, l’cul dans l’brouillard… tout ça… tout ça…

On déjeune avec Yoyo (des Motorhinos) un vrai mec bien… Il a pas l’air pressé, comme pas mal de sides-caristes ; il a oublié que les sides partent les premiers pour la spéciale du Bugatti, enfin pour lui pas de problème il pointera de justesse à l’heure au départ…

C’est rigolo de partir pour la première boucle de jour, la nuit… Il est 7h00 il fait un peu froid mais c’est sec ! Première liaison sans histoire, nous sommes largement en avance pour pointer.

En pré-grille s’engage un dialogue façon J.B.T. entre licences à la journée … Ponpon me lance : « Alors ! Tu t’es affûté depuis l’an dernier ? ou T’as encore des leçons à prendre ? » … « Barfff, ch’uis dernier sur la grille et j’ai le même objectif : Gêner personne ! » Feu rouge, feu vert ! Et vlan nous taxons trois lignes d’un coup ! kshiiii… Bon, avant la fin de la ligne droite tout est rentré dans l’ordre, m’enfin j’étais content du tour que j’ai joué à certain de ces vieux rascals !

Nous avons joué au chat et à la souris avec Ponpon  pendant quatre tours, JP et son kawa vert étant une seconde devant nous… Le R100RS étant de 10ch moins puissant que la V11 j’ai bââssement profité de cet avantage pour finir devant… Une chose est sûr il faut que je travaille mes freinages, Ponpon a failli nous percuter une fois ou deux…  Sur le « talus » du raccordement une grande banderole « J’aime le side-car ! Tiens ! c’est ce bon Thierry « choupa » des « choupa choups » et sa compagne, qui est de retour en forme avec son bras encore en écharpe mais avec presque toute la mobilité…  

En route pour Maison Blanche, ça va, c’est pas trop loin… Là, les pneus ont eu le temps de refroidir, puisque nous avons eu plus d’une demi-heure d’attente. Je m’étais juré de ne pas me faire avoir comme l’an dernier, et de rester dans le « truc.» Et ça marche ! Sur ce tourniquet assez technique, je m’en sors mieux que quelques quatre cylindres, sur le couple et sans presque toucher aux freins(4)… Retour à la Suze, l’Olive est au bord de la route, il est au téléphone et nous fait signe de passer… Nous nous étions rencontrés la semaine d’avant ; c’est un personnage ! Nous apprendrons plus tard qu’il appelait son «assistance» de peur qu’elle ne l’ait oublié ! Il prétend que ce rallye est son dernier, qu’il faut que tout soit au top! Allez l’Olive c’est pô possib’ tu vas remettre ça un jour ou l’autre… Deux, trois bricoles à faire sur la moto et hop! En parc fermé…

Nous somme une petite dizaine à prendre le repas du midi sous la tonnelle, quelques bons potes (surtout de l’ASF) venus nous voir ce sont joints à nous et c’est plutôt bien.

En route pour la boucle deux, la pression monte, le circuit c’est bien joli, mais c’est sur les routes de campagnes que se déroulent les deux tiers du rallye ! 

Pour ce 50éme rallye les «traceurs» ont étés cool : pas vraiment de pièges sur le routier (quelques irréductibles grincheux sarthois se chargeront de retourner une flèche ou deux pour pimenter l’histoire…) Les recos de la semaine précédente nous sont bien utiles tout de même… Sur la spéciale de Crânne le départ est retardé. Un des dix premiers du championnat est tombé, sans que les commissaires ne l’aient vu ! Le suivant l’évitera de justesse, et fera demi-tour pour prévenir. Il sera disqualifié pour cela ! J’espère pour lui que la réclamation qu’il a faite sera entendue par l’organisation…Pendant cette attente nous retrouvons Perke ; il a troqué son « ancienne » pour une 125 Cagiva « Rambo Réplica » C’est toujours un plaisir de discutailler le bout avec lui ! Toujours est-il qu’une nouvelle fois nous prenons le départ avec des pneus froids… J’améliore de deux secondes par rapport aux recos. Faut dire qu’il fait beau et sec ! Nous sommes bien dans le rythme avec nos moyens…

La seconde spéciale de jour est celle d’Amnée en Champagne avec son fameux gauche en équerre. Un vrai bonheur ! Ca glissouille un peu, mais c’est tout à fait contrôlable, même avec nos pneus de route… C’est à la sortie de la spéciale que je me suis rendu compte que mon voyant d’huile s’allume. Nous rejoignons la station service de Chaufour Notre Dame avec la trouille au ventre ! Sur place je contrôle le niveau d’huile qui est au maxi, le voyant est un voyant de pression et non de niveau, il reste allumé au ralenti jusqu’à 2000t/m…

C’est donc pas tranquille du tout que nous faisons les deux dernières spéciales de la boucle deux. Je n’améliore ni à Maison Blanche, ni à Crânne… Nous pointons tout de même à zéro en liaison, mais j’y suis plus !

Avant de mettre en parc fermé pour la boucle de nuit nous avons 1h30, je vais donc chercher Claude, le mécano de la concession Boussagol à Figeac. Nous l’avions rencontré l’été dernier en vacances par là. Il nous avait déjà dépanné d’un problème de cosse fondue prés de l’alternateur… Il était dans la Sarthe pour faire l’assistance d’un pote à lui qui roulait avec une Aprilia Tuono. Il ausculte la bête et nous conseille d’abandonner. Il pense que les coussinets de bielles ont pris du jeu. Il a déjà vu ce blème sur une V11 attelée… Sam Gache et quelques autres permanents du championnat me confirmeront plus tard que Patrick Perrier  a connu ce soucis plusieurs fois à l’époque où il roulait avec sa Noire/GX.  Avant de rendre notre carton de pointage, Dédé nous donnera une sonde pour vérifier si par hasard ce ne serait pas elle qui nous ferait une farce… Evidemment non ! Les prières, à genoux devant la belle, de Willy n’y changeront rien…Voilà ! Notre rallye se termine là ! J’ai les boulettes et suis un peu chonchon, m’enfin je préfère la jouer sage plutôt que de casser à vouloir finir à tout prix…

Au démontage nous nous rendrons compte qu’il s’agit bien d’une «comédie à l’Italienne.» La durit d’éjection de la pompe à huile était desserrée et défaite. L’huile coulait au fond du carter, d’où mon problème de pression… Presque tous les side-cariste sont venus nous voir, du champion de France en titre en passant par Jean-Louis Hergotte qui doit faire quelques courses pour pouvoir être engagé au TT ; une tape dans le dos et un sourire complice… Ca fait du bien, et puis « nous avons tous connu ça un jour » m’a dit papy Agin…Nous avons fini le rallye en spectateur, la magie de la nuit n’étant pas pour nous cette année. C’est dommage j’aurais vraiment aimé me faire le Bug. à l’envers de nuit ; je suis sûr que pour une première y’avait moyen d’y faire un truc ! Barff tant pis l’année prochaine peut être…

Un grand merci à Willy pour tout ce qu’il fait pour nous, aux mordus de Twins du forum Twin Zone, à nos potes de Jap’moto 28, Claude de Boussagol motos et Euromotos, à Florianne et Rémy, toute la bande de l’ASF et un spécial thank’s aux différents photographes qui ce reconnaîtrons par leur clichés…
                                                                                              Sandrine&Phil.

LE DIAPORAMA

LA VIDEO

Notes du «Skipper»

(1) J’ai souvenir d’un BOC ou izzuGo toM jouait du marteau pour ramener à la raison le démarreur récalcitrant du « Bourdon.» Dans le même genre, je fus possesseur d’une 305 dans le coffre de laquelle je baladais un démonte pneu qui pouvait s’avérer décisif au démarrage…
(2) Z’ont qu’à avoir des moteurs à ailettes…
(3) Et tu n’as pas encore vu ceux des TZED…
(4) Très bien, il n’y a que les lâches qui freinent !
                         

retour