La Pelletier family’s au Rallye de la Sarthe
C’était il y a quelques temps, lors d’une discussion avec un ancien (ça va lui plaire ça !) des Rallyes que l’idée de participer au moins une fois dans notre vie à un Rallye routier a germé dans nos petites têtes… A vrai dire, ça fait un moment que nous tournicotons autour du milieu de la course, surtout en endurance où nous avons participé à une dizaine de courses avec le DUCATEAM dans les stands (aux chronos) et à la cantine… Barfff, on en rêvait et ce bon Willy nous a décidé, en plus comme lui ne voulait plus participer comme concurrent (après dix huit ans de bons et loyaux services), il s’est mis dans la tête de nous faire l’assistance, la préparation, l'intendance, la maintenance et caresses dans le dos (non faut pas exagérer !!! pour ça Dany était là) La préparation de l’attelage a donc commencé après Noël par l’adaptation de la caisse de Willy sur notre châssis, sans trop de soucis ( à part quelques problèmes électriques m’enfin sur une Italienne, rien d’anormal).Une réfection en règle de l’amortisseur du side, qui pissait l’huile, et un changement du ressort de celui de la moto. Un léger retard pour les pneus, et nous voici prêt pour l’entraînement…
Le jour « J » approche à grand pas et dans nos « badous » commence à enfler une sensation étrange et venue d’ailleurs…La confirmation d’engagement arrive après quelques péripéties en rapport avec cette belle institution française qu’est LA POSTE… Ce coup-ci c’est sûr nous sommes retenus, même si avec une licence « une épreuve » c’était pas gagné d’avance… Nous voici donc partis avec la camionnette de Willy, le side sur la remorque (le grand luxe quoi !) ce Vendredi 24 Mars, en route pour La Suze. Un petit détour par le Mans pour faire le plein des bidons d’essence et une collation à la cafétéria du coin… Une fois sur place, après avoir installé la tonnelle de jardin, nous partons pour quelques reconnaissances, surtout pour que Sandrine se familiarise avec le Road-Book. Première spéciale à Cranne, pas de bol, les organisateurs sont en train d’installer les bottes de pailles, m’enfin nous arriverons tout de même à faire une montée correcte… Ha ! oui j’oubliais, il pleut déjà. Les gants, les casques, les bottes tout a bien pris la flotte, mais ce n’est qu’un début… Deuxième spéciale à Coulon sur Gée plein plein d’autres pilotes qui font la même chose que nous, le temps d’une montée pour s’apercevoir que ce n’est pas sur celle là que nous ferons des étincelles (sur les autres non plus d’ailleurs), ça secoue et ça tournicote tellement que même avec dix passages je ne pourrais jamais me la mettre dans la caboche… En route pour les vérifications administratives, et la prise de nos licences « une épreuve ». Un grand bravo à tous les papis et mamies bénévoles (chapeautés par sœur Thèrése.com… « zoubis au passage ») pour leur dévouement et leur gentillesse. On enchaîne dans la foulée par les vérifs techniques : « Tiens voilà les Dideron » Nous avions eu quelques échanges de mail et ils m’avaient demandé une toile. (voir SIDKAR n° 226) Pendant notre attente nous aurons le temps de converser un peu plus. Dédé et Anne-Marie sont des gens vraiment gentils, comme la plupart des pilotes ou passager de Rallyes d’ailleurs. Après avoir avalé un repas chaud sous la tonnelle et dans le noir total, direction l’hôtel où il est urgent de mettre le chauffage à fond pour sécher nos frusques… Il est 23h et bien entendu je sais que je vais mal dormir… 5h30 debout les crabes la marée monte !!! Putain qu’est ce que je fous là ! J’ai la tête enfoncé jusqu’aux épaules dans le c… Vite une douche ! heu… une deuxième. Rien à faire. Je suis toujours dans le brouillard. J’ai dormi en pointillé toute la nuit ! Et quand je dormais, c’était pour faire les spéciales, et comme une limace en plus ! Evidemment le café est déguelasse, la « pouffe » à la réception est mal embouchée. Moi aussi !!! 7h00 La Rosso est en train de chauffer. J’y suis pas et j’arrive pas à m’y mettre… « T’inquiète pas » me dit Patrick Agin « ça va venir »…
7h15 c’est parti, plus le temps de penser ; suivre les flèches jaunes et les indications de ma passagère un point c’est tout ! Tiens, on rattrape quelqu’un, c’est nos collèges en R1 RDS, z’ont pas l’air à l’aise, je tarde à les doublés, J.P et son frère sur leur attelage Kawa eux, n’hésitent pas ! Si celui partis derrière nous est maintenant devant : « y’a un loup ! » Gazzz et pis c’est tout… Bon nous somme en avance pour pointer, ouf tout va bien… Ca y’est première spéciale, en pré-grille, les instructions du directeur de course. Grouiiiik, « non, non c’est pas la moto c’est mon ventre ! ». Et bienvenue à Holiday On Ice à non pardon bienvenu sur le circuit Bugatti. La vache moi « pilote » sur le Bug… Tour de chauffe, se rappeler les trajectoires… Bâ merdalors pourquoi les distances entre chaque virage paraissent si courtes, sur mon jeu vidéo c’est pas du tout comme ça !!… Puis vient la première spéciale sur Maison Blanche, après un tour de reconnaissance et un peu d’attente. Il y a des flaques d’eau un peu partout, je connais le circuit encore moins que le Bug' et surtout j’ai pas la niac ! Je suis encore sur le nuage « Bugatti ». Apparemment ça glisse pour les autres (certain feront même la toupie) pas pour moi ! Chef chef ! J’ai pas dû aller assez vite…Bon, retour à la Suze liaison tranquille, il tombe des hallebardes mais ça, il va falloir s’y habituer. Il faut manger, j’ai pô faim, pourtant ceux qui me connaissent savent que je ne plaisante pas avec ça !!! Rien de particulier à faire sur la moto, elle est donc parmi les premières en parc fermé. Nous avons la visite de Speed’r man, on cause un peu, on apprend pas mal aussi en l’écoutant… Départ de la boucle 2, avec passage sur l’estrade bien sympa … 170km au programme. Je commence à me prendre au jeu. Sandrine assure grave avec le road-book et sur les spéciales routières on y va pépère, les copains de devant ayant mis de la bouillasse partout … Barfff il me fallait bien une excuse comme ça pour justifier mes chronos… Je me rattrape un peu sur Maison Blanche, en améliorant de plus de quatre secondes, il faut dire que nous avions pointé juste dans notre minute au CH, voilà qui met en condition…Nous somme dans les temps de Ponpon et Sylvère le matin (Ces deux « rascals » ont du métier, si on peut s’approcher d’eux…) A propos de temps, tout le monde nous demande "Combien vous avez fait?" Bâââ je sais pas j’ai pas demandé… Et ben il faut, comme ça tu vois si tu as progressé… Bon pour la dernière je m’arrête, oui ! Mais trot tôt ! Beaucoup trot tôt même, pour tout dire avant d’avoir passé la cellule !!! Après avoir pris un direct dans les côtes et entendu quelques noms d’oiseaux, je me jure bien qu’on ne m’y reprendra plus… (Ca doit être ça l’expérience) Il est temps d’aller manger un bout. Là, la pression retombe. La fatigue aidant, je me dis que si la boucle de nuit était annulée bâââ ça ne me ferait pas trop de peine… Et puis Willy me parle de la magie de la nuit au milieu des haies d’arbres que nos phares éclairent d’une façon si particulière… Fini la poésie il faut y aller. L’organisation retarde le départ de la boucle de nuit de cinquante minutes, les derniers partis cette après midi ne sont pas tous revenus.
Première spéciale de nuit prudence, prudence, j’y vois pas grand chose avec cette drache, (au DUCATEAM on dirait qu’il Belge) l’habitude venant dans le deuxième passages nous améliorerons de huit secondes pleine !!! Même si c’est assez moyen nous progressons doucement, à notre main. Willy et Dany sont à la station service de Chaufour, pour chaque ravitaillement, pas besoin de faire la queue aux pompes c’est beaucoup de temps et d’énergie économisés (qu’ils en soient encore remerciés ici). Une fois la deuxième spéciale terminée, en route pour une très grosse liaison d’une heure ! Le pied total ! des conditions d’enfer personne sur la route (heureusement) avec parfois le sentiment de ne pas être dans le bon rythme, nous pointerons juste dans notre minute…Ouf… Au rayon des anecdotes : dans une montée où ça tournicote pas mal, je suis surpris sur le replat par une énorme flaque d’eau ! Tiens on m’avait pas dit qu’il y aurait une rivière à traverser. Je suis rentré là-dedans comme un têtu, la flotte est montée bien au-dessus de nous. Le side ressemble à une baignoire. Il va falloir écoper… Arrive la dernière spéciale, au CH il y a quelques voitures de riverains qui veulent rentrer chez eux. La pluie redouble, nous étions le dernier side à passer… Nous attendrons quelques minutes qu’ils rentrent dans leurs pénates et que les commissaires balayent un peu. Ils nous font promettre de ne pas retartiner la route, y’a pas de danger ma bonne dâââme, on y voit pas à dix mètres et après cette bonne journée je suis calmé… A Chaufour la moto ne démarre pas, on pousse, « allez titine encore un effort on y est presque ! » Il faut se remotiver c’est la dernière liaison, rester dans le coup jusqu’au bout ! Dimanche matin tout va bien, pas une courbature ! (ça viendra…) juste de belles valoches sous les yeux et les mains bleu foncé, une bonne douche et, je vais passer un moment en caleçon dans le couloir, j’avais pas le code de la chambre, Sandrine étant elle aussi sous la douche ! ( Ah !!! les filles et la salle de bain…) Lors de la remise des prix, on discute avec pas mal de monde notamment avec le « méchant » Derrien (Florent) seize ans qui vient de faire aussi son premier rallye. Lui et son frangin sont les deux plus jeune, ils sont en route pour pulvériser le record de participation du paternel… Nous sommes les derniers à plier. L’attelage est sur la remorque avec un gros boulot de nettoyage en perspective, les projections de goudron ayant fondu partout sur les pots et le moteur… Phil. & Sandrine Remerciements à nos potes de JAP’MOTO 28 et EUROMOTOS (bâââ oui jap et euro ensemble , on aime le paradoxe. C’est pour ça qu’on est side-cariste non ?) Remerciements aux photographes : IzzuGo, Dédé Dideron, Michel Maire, Pierro et les autres… Remerciement spécial aux gens du forum Twin Zone, un super site sur la V11 dans tous ces états et sur les Guzzi en général. Remerciement très spécial à Willy & Dany Deneau pour tout ce qu’ils ont fait pour nous, pour leur patience, et leur générosité… |
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