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Dimanche 6 heures 15. C'est parti. Juste un tee-shirt (QGDF!) sous le zonblou, c'est suffisant pour ressentir cette petite fraîcheur des matins estivaux que l'on regrette quelques heures plus tard. C'est toujours un moment privilégié que d'attaquer la route aux petites heures du dimanche; seul sur la départementale qui longe le Rhône, je profite des odeurs matutinales qui remontent dans le casque. Elles aussi disparaîtront bientôt, écrasées par le soleil de juillet. Trois quarts d'heure de route et c'est l'aire de Mornas, lieu du rendez-vous. Weedo est à la pompe, occupé à ravitailler son V 10. Je fais de même et on s'accorde quelques minutes de retrouvailles autour d'un café; dame, on ne s'est plus vu depuis les agapes chez Grober au mois de janvier. C'est l'heure du gaz! Nous voilà calés à un petit 150, vitesse idéale dont les atouts ne sont pas minces: les bornes défilent assez vite tout en nous évitant le pire en cas de "mauvaise" rencontre et on ne prend pas trop d'air dans la quiche, compte-tenu du degré de protection offert par nos fringantes italiennes. La circulation reste fluide, consolation, car côté ciel on ne verse pas dans l'optimisme. Passé Montélimar sud, le ciel de plus en plus chargé ne nous laisse guère d'illusion, d'autant que l'asphalte est humide. C'est ce genre d'alternance qui va nous accompagner jusque Vienne. Averse, chaussée humide, averse... C'est sous le regard (suspicieux; envieux; admiratif; goguenard) de deux gendarmes en FJR que nous passons la barrière de péage. Il est temps d'enfiler les combis de pluie. J'ai toujours été méfiant à l'égard de cet accessoire. D'expérience, il me semble que sitôt ce seyant vêtement enfilé, la pluie, tel le requin ayant reniflé sa goutte de sang dans l'océan, fond aussitôt sur moi. Expérience validée une fois de plus. Pour faire bonne mesure, c'est bien entendu au moment où nous délaissons l'autostrada del sole, mal nommée, pour une trentaine de bornes de belles routes à bécane que les vannes célestes en remettent une couche... J'apprécie à sa juste valeur le moteur de Larosso dans cette circonstance; enrouler les courbes sur le couple, sans à coups (et sans plout) c'est plus qu'appréciable. Bref, nous atteignons Vaugneray sur le coup de 9 heures 15. On monte vers le pied du col, où seule la présence d'un fourgon de secouristes nous rassure quant à la tenue de la manifestation. C'est simple, il y a là deux bécanes: les nôtres. Petit café au village et oh! joie, la pluie met un bémol et les nuages se font moins épais. Retour au départ, au moment ou arrive la première vague de machines. Comparativement au plateau 2005, celui-ci semble être passé sous les fourches caudines de monsieur "Weight Watchers"... Effet météorologique, question de date, manque d'enthousiasme du public??? Ne boudons pas notre plaisir car certains des engins présents valent largement, par leur rareté, leur originalité ou la qualité de leur présentation, le déplacement. Le principe de la démo lui, n'a pas changé. Les motos et sides sont envoyés à un rythme soutenu, sitôt une série terminée, la suivante descend de l'arrivée, se met en place et on recommence. Ce système offre aux participants la possibilité de rouler un maximum et aux spectateurs d'en profiter de même. Sinon, c'est averse, accalmie, averse, accalmie... La pause de midi arrive à point nommé. Sitôt franchie la porte de "l'auberge fleurie", la pluie revient, décidée semble-t-il, à occuper durablement le terrain. Le service n'est pas rapide, mais nous sommes prévenus et pas pressés. Cela nous laisse loisir de taper la causette, agrémentée donc d'un magret, d'une tarte Tatin et d'un café de fort bon aloi... Un bonheur n'arrivant jamais seul (quelle belle formule) la pluie s'estompe alors que nous reprenons les bécanes. Elle aura le bon goût de se faire (pratiquement) oublier durant l'après-midi, nous laissant profiter du spectacle. Evidemment, il faut bien se douter que compte tenu des conditions, c'est la prudence qui prévaut sur la "piste"; ceci n'empêchera pas quelques infortunés de tâter le tarmac, sans dégâts majeurs toutefois. Sur le coup des 17 heures, nous redescendons vers le motos. Il y en a quand même trois de plus... Dont une Le Mans (II) je pense. Pour faire bonne mesure deux scotères de djeuns renforcent le "parc"... Franchement, je trouve lamentable, c'est le mot, que des gaziers se cassent la nénette bénévolement pour organiser un tel évènement à un jet de lance pierre d'une grande métropole, que d'autres viennent faire le spectacle pour un si piètre résultat! Z'avez raison, regardez la télé, jouez à la Play... Et on a pris le chemin du retour. Et là, les cieux se sont carrément lâchés... Je me suis foutu bien les jetons lorsque Larosso est partie de l'avant et de l'arrière en duplex et en stéréo dans un droite pris en trois sans excès, mais alors pas du tout... J'ai bien apprécié le retour à la civilisation du bitume payant avec un flot de bagnoles circulant plus ou moins au ralenti. Puisqu'il est question de flot, j'ai bien serré les fesses dans la portion Vienne-Péage de Roussillon, moment grandiose où je n'étais plus vraiment motard et déjà presque poisson... Merci à la "sécurité routière", aux sociétés autoroutières (privées) de nous laisser ces bons revêtements bien déguelasses qui se transforment en piscine dès que la pluie s'y met un peu. Quoi??? Ah ! oui, j'avais oublié, seule la vitesse est dangereuse.
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