2006 : Un samedi de poisson d'avril en fin d'après-midi, sur le circuit de Nevers Magny Cours... C'est la 4ème édition du Bol d'Or Classic et nous sommes à la fin des essais qualifs. Action ! Les acteurs : Les motos :
Samedi 17h00 : Les qualifs
sont terminées : l'équipage CCA (Christophe CHARLES-ARTIGUES pour faire court)
et JF (Jean FORAY pour faire pareil) ont décroché le 2ème temps.
L'autre équipe (Daniel MOQUET et Robert DI FOGGIA) est 17ème. Christophe CHARLES-ARTIGUES : "J'ai eu de la chance, j'ai roulé sur le sec et je me suis régalé (ndlr : nous aussi !). Par contre, on a un léger souci de tenue de route, la moto louvoie quand je remets plein gaz... Enfin, j'espère rouler avec la Kawa pour m'évaluer par rapport à elle. A part ça, le moral est bon... si la piste est sèche. De toute manière, mon coéquipier est bon sur le mouillé, donc tout va bien !". Daniel MOQUET : "On a eu un peu de mal sous la pluie, on n'arrive pas à remettre plein gaz en sortie de courbe car la moto louvoie pas mal et a même tendance à décrocher. Va falloir regarder du côté des pneus...".
* * * Samedi 19h30 : tout le monde est aligné sur la grille de départ, les motos du côté des stands, les pilotes en face... et c'est le feu vert. La tension est énorme aussi bien chez les pilotes que chez les spectateurs. Quelques secondes plus tard, les moteurs démarrent et les premiers se jettent déjà dans le grand gauche... CCA en tête !!! C'est magnifique !!!. Belle bagarre au fil des tours
quand soudain, une moto casse au S du raccordement : huile sur la piste !!! le
temps que les suivants s'en aperçoivent, il y a déjà pas mal de monde par
terre : la course est neutralisée pendant au moins 10 minutes, le temps de
nettoyer le tarmac. Une demi-heure avant la fin de la manche, arrêt de la Guzzi MotoBel' n°5 aux mains de Jean Foray : dans le stand, tout le monde s'affaire, s'ensuit un démontage éclair de la roue arrière, du bras oscillant et constatation du bris... d'arbre de transmission !!
Au bout des deux heures de course
(enfin presque, car sur les deux heures prévues, la course n'a duré qu'une
heure et demie, suite aux diverses neutralisations !!), l'équipage CCA-Jean
Foray termine 11ème. Retour au paddock pour tout le monde, dans la joie et la bonne humeur car, en plus, ce soir-là, CCA fête son anniversaire !!
* * * Le lendemain, retour aux stands : la course est à 14h00 et le temps est encore plus maussade que les services secrets Israéliens. Il pleut à seaux depuis le matin et tout le monde s'abrite comme il peut. On a même sorti des sacs poubelle, peu esthétiques, certes, mais ô combien étanches !! Les accalmies ne durent guère et la drache reprend à chaque fois de plus belle. Vu l'état de la piste, on s'attend à une course d'off-shore !! Personnellement, même en touriste, je ne partirais pas... déjà qu'à la parade, il y eu des chutes alors que tout le monde roulait tranquille !!! Bref, pilote c'est un métier pas facile...
Enfin, l'heure du départ arrive : la tension est la même que lors du départ de la première manche. C'est énorme : il tombe des cordes mais le public hurle (ça réchauffe !!) pour soutenir les pilotes... et C'EST PARTI !!! : Alors que Jean prend un départ canon qui le place d'emblée dans le groupe de tête, Daniel loupe son départ, noie la moto et reste scotché à la piste : poussette, cris des supporters et tutti quanti, rien n'y fait : la moto ne partira qu'après d'interminables secondes de silence et de stress. Dans un état de fébrilité qu'on peut aisément imaginer, alors qu'il est encore dans son premier tour, il freine et sent sa moto partir des deux roues : chute... Pour lui, la course est terminée. Pendant ce temps-là, Jean se bat avec la machine de tête et au bout d'une heure, CCA prend son relais : il ne pourra pas faire mieux que son coéquipier, tous deux confrontés à des problèmes de pneus sous la pluie. Au final de cette deuxième manche, ils sont classés 3èmes, signe d'une magnifique remontée. Au terme de ces deux manches et d'une course qui aura duré à peine plus de trois heures (à cause des neutralisations), la Moto Guzzi MotoBel' n°5 se classe cinquième. Compte tenu du plateau présent et de la qualité aussi bien des pilotes que des machines, il s'agit d'une place beaucoup plus qu'honorable : les motos ont tenu, ce qui prouve leur potentiel, et ça c'est vraiment un point positif pour la suite... car il y aura une suite, et mon petit doigt m'a dit que Jacques, le BOSS, a déjà commencé à y réfléchir. A tout le team MOTO BEL', aux pilotes, aux mécanos et surtout à Jacques et Nicole sans qui rien n'aurait pu avoir lieu, je voudrais adresser un grand BRAVO pour ce week-end magique et un grand MERCI pour nous avoir, encore une fois, fait vibrer... parole de Guzziste !!! VIRUS, QUAND TU NOUS TIENS ... !
Crédits photos : Salvatore et Fabienne |