| Huit ans déjà. L'Avignon Motor Festival a sans difficulté renvoyé aux oubliettes l'Avignon auto-moto rétro. Preuve de l'engouement que suscite ce rendez vous, les trois kilomètres d'embouteillage du pont de Bompas à l'entrée du parc des expositions ce samedi matin. Embouteillage qui donne le ton. Patientent pêle-mêle dans la glu automobilistique, R 8 Gordini, Dauphine groupe F, Camaro dernier cri... |
Je m'extirpe sans peine de ce marasme routier grâce à la bienveillante attention du ministre des transports qui vient de légaliser la remontée des files pour les deux roues. Pour être franc, le parking réservé aux motos est l'aune de son importance dans le salon. Pas terrible. Mais je ne boude pas mon plaisir. La variété y est. Il manque peu, voire pas d'engin qui soit mû par un moteur à explosion. Autos, motos, camions, engins agricoles, véhicules militaires, bateaux, avions, prestigieux ou modestes tous ces véhicules cohabitent trois jours pour le grand plaisir de ceux qui viennent ici. Quelles images retenir de cette édition? Un tour dans le pavillon "moto loisir", les modernes, me laisse dubitatif. J'ai trouvé la Morini 1200 Sport bien sympa. Plus que la Corsaro. Pourtant, ce sont l'Ural Ranger et Octobre Rouge qui m'ont le plus tenté. (Les mauvaises langues diront que je ne sais pas ce que je veux.) A l'opposé, il ne m'a pas fallu une seconde pour conforter mon impression papier. La nouvelle mouture de la VFR est vraiment à faire caca. Et ce n'est pas de l'anti Honda primaire ou viscéral. C'est mou, c'est moche. Dans un registre tout autre, Franck, boss de Thorn Bikes qui a "mappé" le PowerCommander de Larosso exposait les deux machines qu'il a préparées pour le JOE BAR ONE. Des engins turbo compressés jusqu'à la moelle, histoire d'avouer au moins 250 canassons sur la "balance". Un saut dans le passé et c'est le hall F. Toujours sur deux roues, mais témoignage d'une époque où le design, quel que soit sa nature, et le marketing ne déterminaient pas encore l'allure des motos. Certes, tout ne trouve pas grâce à mes yeux, mais la personnalité et l'inventivité sont là. Comme ce modèle unique de MGC au moteur quatre cylindres inversé, (culasse en bas) technique explorée en aviation par Renault à partir de la fin des années 1920. Clin d'oeil aussi pour cette réplique de 500 Yam de 1975, en cours d'achèvement, pilotée par Teuvo Lansivuori un de mes "héros" du Continental Circus. Côté auto, il y avait de quoi se rincer l'oeil aussi. Entre les impressionnantes GT3 du championnat de France, des reines des rallyes de années 70 & 80, une palanquée de modèles mythiques, de routières d'hier et d'aujourd'hui, il n'y avait que l'embarras du choix. J'ajoute à cela une rétrospective Gordini qui occupait la majeure partie du grand hall avignonais, cela donne un idée de la variété et de la qualité du plateau. Quelques animations pour donner du tonus à la manifestation, comme le très sympa concours d'élégance du samedi après-midi et les martiales démonstrations de véhicules militaires. J'ai assisté rapidement à celle d'un char Sherman réchappé du D-Day qui m' a remis en mémoire ce slogan vengeur de mes années lycée. "L'armée ça tue, ça pue et ça pollue!" Pour le super bonus écologique de Borloo, faut repasser. Chaque accélération du monstre doit bien relâcher ses 10 tonnes de CO2 dans l'atmosphère! Je ne serai pas complet, mais comment ne pas rester baba devant ce moteur Delahaye de 1904, un bestiau de 85 000 cm3 (330mm X 250mm) premier moteur à arbres à came en tête. Je sais bien que mon pote Grober tiendra cela pour un moteur d'annexe, mais quand même! Et comment ne pas aimer ces lieux où se côtoient passionnés de tous horizons. Que ce soient les fanas du 1/43ème en ardente conversation autour d'une benne Solido ou les restaurateurs d'engins improbables quittant le salon les bras garnis d'étranges objets qui vont leur permettre de sévir encore au fond de leur atelier. Je n'oublie pas l'essentiel. Cette journée je l'ai passée en compagnie de Mathieu avec qui on ne s'ennuie jamais. Esprit d'à propos omniprésent et toujours une anecdote qui va bien à servir. Quand je pense que ce gars là pourrait être mon fils, j'espère vivre assez vieux pour entendre ce qu'il racontera dans.... longtemps. Et puis, scoop, j'ai rencontré la nouvelle production Guzzi conforme à la norme Euro XXI. Le véhicule définitif, la Norge du futur: la poussette à moteur Virginie. La petite Lilou manifeste en permanence sa joie de posséder ce modèle exclusif. Grâce au GPS de don Buzzi de papa, la famille s'est pointée au salon en évitant l'embouteillage du chapeau de cet article. Bon, visiblement il l'a moins protégé d'un radar sournois au retour. Dans un équipage identique, nos Marseillais avaient entraîné la famille Bulldog qui n'attend qu'une chose: une nouvelle sortie TZ Sud! Et maintenant, à l'année prochaine! DIAPORAMA Crédit photos Pascal |