SUD SIDE "On entend déjà de loin le bruit des motos qui rend toute conversation impossible… Est-ce que les motocyclistes sont des maniaques ou des possédés du Diable ? Même lorsqu'ils ne sont pas en bande, ils passent en trombe en moto ou en side-car dissimulés derrière leurs lunettes et leurs combinaisons. Il semble que seule la Mort pourra les arrêter dans leur course folle. Mais auraient-ils du coton dans les oreilles ?..." Moto Revue 1923 |
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Tout n'a pas tant changé… même si nous avons troqué les combinaisons pour des tee-shirts, les climax pour des Ray Ban ; dès l'aube (à 8h15), Bjorn, Easy, Daniel, Colt (qui a profité de l'arrêt à la maison pour se débarrasser de son deux roues) , Corto et moi nous élançons au son des Califs libérées (bien qu'attelées) vers LE rendez vous. Au moment d'abreuver nos montures, j'intercepte de ma douce voix Moto et Valérie avec leur Kamarade, Mash et Lavie en calif II (finalement, au global avec la roue de secours de l'Oural, le compte est bon…). Cucuron, son Lac, son bar de l'étang, sa tranquillité… A peine troublée par l'arrivée de nos équipages qui, dès les moteurs arrêtés, échangent bruyamment leurs premières impressions: Easy : Waouf ! Daniel : Ha ben oui… j'ai plus d'embrayage Colt : bof… le side à Dédé y pousse plus Grober : Et merdre… c'est quoi cette flaque d'huile ??? Bigsteve, Benoit, Bjorn, Corto, Moto, Valérie, Mash, Lavie : Salut Salut Salut (ad libitum) Easy : Wouaf ! Un café, le temps d'attendre la Garde Prétorienne Cucuronnaise, le changement de câble d'embrayage de Daniel (ce qui pour lui ne représente qu'une opération de suivi courant) et la baignade d'Easy dans le lac et nous nous élançons vers la combe de Lourmarin. Pour des raisons d'éthique (pas assez de roues de secours pour faire le compte…), la garde présidentielle Cucuronnaise (V11, Hornet, 1400 Bandit, 900CBR) nous rejoindra par d'autres chemins. Notre élan est vite ralenti par Mash juste avant Vaugines (3km) j'ai eu le temps d'apercevoir l'essence qui s'échappait joyeusement sur le moteur au lieu d'aller dans les carbus là ousque c'est prévu… au prix où c'est !! Un coup de tournevis pour rappeler à l'ordre la durite récalcitrante et nous repartons. Au passage, Mash a quand même eu du bol de ne pas se transformer en bonze tibétain… Rouler en side, c'est toute une philosophie que je pratique depuis des années. C'est savoir patienter derrière les BaR*, c'est jouer du frein et de l'accélérateur pour négocier les courbes… Mais rouler en side derrière deux Ourals** et une vénérable Béhème série deux qui a eux trois doivent développer autant de chevaux que le side de Daniel, ça devient tout autre chose… Les kilomètres s'égrènent calmement et surprise, sur ces routes que je connais bien, je découvre que de part et d'autre du ruban de bitume il y a un paysage !!!! C'est donc à une allure très raisonnable que nous atteignons Bonnieux, la plaine et un rond point ou Daniel et Benoit nous ferons quelques démonstrations de "encore un toooouuur !!" en attendant Mash qui a décidé que sa Calif ne consommait vraiment pas assez et a continué à disperser le précieux liquide. En parlant de précieux liquide, c'est ma mienne qui commence à en disperser beaucoup aussi… pas de l'essence, mais de l'huile… reniflard ? Allumeur ?? Joint d'embase ??? boaf… tant que ça pisse c'est qu'il y en a !!! La fuite de Mash est promptement réduite par Daniel qui dispose d'un atelier complet dans son coffre… le vécu sans doute ! Va falloir ouvrir maintenant si on veut arriver à une heure décente au resto. Le cortège repart, direction Sault et le Ventoux. Les routes du Lubéron sont toujours un vrai bonheur… en passant par Goult, Gordes, en surplombant l'abbaye de Sénanque, en escaladant le col de Murs… Que des paysages splendides et chance suprême, toutes les BaR doivent êtres dans les supermarchés. C'est l'occasion pour nos singes de laisser leurs corps s'exprimer dans les virages à droite et de compenser ainsi l'impressionnante levée des paniers due à des vitesses insensées. Vitesses insensées qui auront provoqué la tentative de fuite vers l'ouest du rétro gauche de l'Oural de Moto… déviance vite réprimée par les efforts du Guépéou (trousse à outils d'origine du T34). Dernière épreuve, l'ascension du géant Provençal. À mi chemin, arrêt général… encore une panne ??? Mauvaises langues… c'est juste qu'au dessus de 1200 mètres, il fait un peu frisquet. Là, session Tour de France : Peloton groupé jusqu'au kilomètre quarante douze, c'est ce moment que choisit Daniel pour lancer son sprint, l'écart se creuse. Conscient du danger de l'attaque, Grober lesté par Colt tente un contre… rien à faire… Une surcharge évidente empêche tout retour sur le leader… (surtout quand on oublie d'enlever le starter) Quelques virages en descente permettent au challenger de rattraper un peu de son retard, mais vain… C'est triomphant que Daniel arrive premier pour l'Apéro. A peine le temps de se rouler une clope que nous sommes rejoints par le peloton, finalement ça marche pas mal ces antiquités !!! Le cortège sera fermé par Moto et Valérie, Moto qui me fera irrésistiblement penser à Bernard Blier dans 100 000 dollars au soleil. Enfin l'étape, avec somme toute peu de retard, il n'est que 13h00.
Accueillis en hôtes de marque par le patron du chalet Liotard, nous sommes installés en terrasse face à un somptueux panorama sur les contreforts nord du Ventoux… des nababs… Sauf que la Garde royale Cucuronnaise n'est toujours pas là…. Ça se traine ces deux roues ! Le temps de commencer l'apéro, ils arrivent enfin… sauf Alaincuc… angoisse, perplexité… aurait il chuté ou pire, une panne ?? Non, non, conscient de l'extrême fiabilité de sa machine, ce dernier à trouvé judicieux de retourner célébrer un baptême puis de nous rejoindre alors que nous n'avions même pas commencé les entrées. S'ensuivent de joyeuses agapes, flan d'aubergines, sauté d'agneau et une remarquée tarte aux fruits rouges le tout pour vingt balles, faudrait être difficile !! Après ce bon moment, il faut reprendre la route. Non sans avoir rajusté le niveau d'huile de ma calif… Daniel en avait un bon litre et un entonnoir sur une étagère. Remontée puis descente du Ventoux vers Bédouin, suivis par la garde rapprochée cucuronnaise qui rongeant son frein décide comme un seul homme de nous déposer à peine embouquées les gorges de la Nesque… BROOOOOOOOOOOOOOAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH……. C'en est trop pour Daniel qui, lesté par Corto, se lance à la chasse des deux roues… BRRROOOOOOOOOOOOOOOAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHH (bis) Nous retrouverons les belligérants plusieurs kilomètres plus tard avec les commentaires d'usage (t'attaquais toi ?). Conscient de la consommation de lubrifiant inhabituelle de ma monture, j'étais sagement resté derrière Bigsteve, ce qui m'a permit de goûter une fois de plus le paysage. Après cet arrêt, nous rallions Sault pour remplir nos réservoirs. Ce sera le moment ou Bigsteve nous fera apprécier le monument qui trône sur sa machine… Un bouchon de réservoir à clef, siglé Beumeu, option rare à cette époque… "Enfin, là j'ai oublié la clef à la maison" C'est aussi là que la garde impériale cucuronnaise nous lâchera définitivement. Une quinzaine de kilomètres plus tard, vers Saint Christol, la Série deux passe en réserve… Arrêt dans une station service isolée et tentative d'ouverture de la relique optionnelle… ben c'est bien foutu ce truc… Même notre bricoleur de coffres forts n'en est pas venu à bout (on n'a pas essayé sa masse de 600gr non plus) !!! Pas d'hydrocarbure pour la Béhème… (ça ferait un bon titre de polar ça… je dépose) Bigsteve pense qu'il pourra regagner Apt où il laissera l'assoiffée pour revenir la chercher plus tard muni du sésame.*** Retour vers Apt par une descente de 15 km que nous négocierons en roue libre par respect pour l'environnement et le vide intersidéral du réservoir de la Béhème (et aussi pour sauvegarder un peu de 15W40 dans ma Calif) Arrivée dans Apt sans encombres, concertation avec Bigsteve dans la première station venue… stop ou encore ??? oui, non ??? Son coté aventurier reprendra le dessus… marche ou crève… "si on atteint le col du Pointu, je fais la combe de Lourmarin en roue libre !!" Je profite de ce conciliabule pour faire l'emplette d'un bidon d'un litre d'huile intégralement reversé dans le carter… Devant retourner qui vers Sausset, qui vers Nîmes, Bjorn, Mash et Lavie nous quittent. Moto, lui a dû s'égarer dans un rond point… Nous ne l'avons revu que lundi sur le forum… décidément les performances de ces Ourals, ça perturbe !! Et c'est reparti !!! Nous ne sommes plus que quatre side cars… pas pour longtemps. Passée la sortie d'Apt et les premiers virages, la BM toussote… ploute… et c'est la fin. Bigsteve abandonne sa belle sous un cerisier et la larme à l'œil, s'effondre dans le side de Benoit… (Pathétique… non ?). Cela ne nous empêchera pas de rejoindre Cucuron à bonne allure et d'y savourer une petite bière bien méritée au bord du lac. Bigsteve et Benoit échafaudent déjà leur opération "sauvetage déshydrocarburation" quand nous les laissons pour rejoindre nos aimées. Reprenons… un câble d'embrayage, une fuite d'huile, une durite d'essence, un rétro baladeur, une clé de réservoir... Le compte y est !! * Devant parfois aussi. ndsr ** Et non pas Ouraux. ndsr *** Clé en langue de Goethe. ndsr |
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GROBER JUIN 2010 |
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