UNE V 11
ET DES POMPES.
Phil a laissé
Paris pour quelques jours et s'en est allé sur les routes hexagonales.
Son carnet de route nous donne à revivre ses impressions. Préférant
aux axes "supermarchés" des routes plus intimistes,
il nous rapporte une belle collection de photos, notamment une série
de lieux dont la vie passée perce encore dans nos mémoires.
"Nationale
Sept
Il faut la prendre qu'on aille à Rome à Sète
Que l'on soit deux trois quatre cinq six ou sept
C'est une route qui fait recette..."
Mardi
7 juillet 2004
7h30:
beau temps prévu sur Paris et ses environs.
Sac de réservoir rempli à bloc, vérif générale
effectuée, plein d'essence et lunettes de soleil nettoyées.
Contact.
Le V 11 s'ébroue et la chaleur dans le garage appelle au départ.
En suivant les conseils de l'ami Pascal, direction N7 après avoir
rejoint Fontainebleau par l'autoroute.
Dents déjà bourrées de moustiques...
Montargis, Cosne-Cours-sur-Loire, etc.. Redécouverte totale du
plaisir de ne pas prendre cette foutue autoroute.
Petites églises, rivières traversant les villages, terrasses
de café qui déjà me tendent les bras..
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Premiers
arrêts aux stands pour le plein d'essence... puis charme attractif
de la première station essence à l'abandon. Je ne m'arrête
pas car suivi de trop près par des voitures. Gros regrets directs
et je jure que l'on ne m'y reprendra plus...
Nouvelle pompe à essence en friche... premières photos,
sensible à ce charme indiscutable et inexplicable... le V11 pose
tranquille devant, fier comme un bar tabac... puis Clermont Ferrand
et direction La Bourboule...
Routes très agréable, arrêt pour rien aux croisements
de petits carrefours...
Hôtel cool à la Bourboule, tenu par une mamie bien sympa
(Hôtel du parc tel : 04 73 81 01 77)
18 euros la chambre simple, clean...
Le lendemain, après m'être aperçu que j'avais garé
la moto sous un tilleul, erreur fatale car le V 11 était recouvert
de petites taches bien collantes tombées de l'arbre, direction
le Puy.
Après d'autres arrêts aux stands et pas mal de pif paf
enchaînés avec jubilation, arrivée chez des amis
près du Puy en Velay.
Puis direction Mende avec un vent de plus en plus violent... dans toutes
les directions... plein soleil mais aussi plein flip car le V11 ressemble
de plus en plus à une marionnette qui est baladée de droite
à gauche et a beaucoup de mal à ne pas aller ni dans le
fossé ni vers les camions et voitures qu'il croise.
Vitesse 60 km/h et fabrication intensive d'huile d'olive du producteur
au consommateur...
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Puis
arrive Millau avec son pont au loin, ses embouteillages, et ses camions.
Nouvelle station essence à l'abandon.
Je me sens bien avec ces stations; les voitures passent avec des questions
plein l'habitacle. Eh oui, c'est comme ça, il y en a qui doivent
se dire que je me suis trompé de station essence, j'en suis sûr,
trop drôle quelque part...
Bref, un coup d'autoroute obligatoire, je pense, pour rejoindre Montpellier
et puis Mauguio où ma fille habite avec son copain..
Deux jours plus tard, après avoir équipé la moto
de sacoches supplémentaires version cavalières, départ
vers... Nîmes, et oui où je dois rencontrer Pascal, Le
Pascal de twin zone... ah... ah...
Il faut dire qu'avant, le matin, j'avais déjà fait Mauguio
Nîmes et retour car comme je suis de nature très indécise,
j'étais revenu sur Mauguio pour acheter les sacoches cavalières
que j'avais vues la veille mais que je n'avais pas prises...
120 km en plus...
Bref, arrivée à Nîmes vers 11h, je tel à
Pascal... répondeur... message... bon, je déjeune dans
le coin, près des arènes, une superbe aïoli, et remessage
à Pascal...
Ce n'était pas le jour où l'on devait se rencontrer, il
était déjà parti pour Magny-Cours...
Pas de blême, départ pour Aups, un petit village de Provence
où se trouvent des amis, près des gorges du verdon.
Arrivée dans l'après midi, route trop cool, le paradis
sur terre...
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Le lendemain, derrière le terrain de boules d'Aups, rencontre
sous les platanes avec une 850 le Mans toute restaurée... un
bijou, comme je les aime, version café racer, respect... puis
un mec arrive avec un grand sourire et le casque à la main...
la discussion prend direct et les infos sur nos bécanes fusent
de tous côtés, surtout sur la sienne... réservoir
alu, moteur modifié de a à z, pots Lafranconi pas assez
pétant à son goût, et plaisanteries sur ceusse qui
recherchent plus de confort, en moto, protections diverses, suspensions
souples, consommations, j'en passe et des meilleures, bref, nous avons
été très mauvaise langue et grand bien nous a fait.
pas sortables...
Il met sa moto en route et me demande mon avis sur le son du pot...
c'est bon, beau bruit..."Moi c'est Ed "dit-il en se marrant
"comme la bd" Me marrant encore plus "Moi c'est Phil"
dis-je..." comme fil Read !!" dit-il tout jubilatoire... on
se marre et après un signe de la main il part et moi j'écoute
religieusement le son version Beethoven sorti des pots...
Qu'est ce que l'on est sentimental quand il s'agit des twins...
Puis le lendemain à 7h, direction Gorges du Verdon, Castellane,
et je rejoins la route des grandes Alpes à Guillaume... Et voici
qu'en m'arrêtant près de roches couleur "rosso vintage"
pour la comparer à celle de mon réservoir, deux béhèmes
toutes neuves ou presque, avec deux couples s'arrêtent à
mes cotés.
Je les entends discuter italiens et on se salue.
Je regarde leur moto et leur dis d'un air étonné... "C'est
quoi ça? Il n'y a pas marqué Ducati ou Moto Guzzi??"
Ils se marrent et me racontent qu'avant ils étaient Aprilia mais
comme ils voyageaient beaucoup et.prenaient de l'age ils s'étaient
finalement tournés vers les bemeu. Ah c'est pas terrible de vieillir!
Puis de parc en parc, Mercantour, Queyras, Ecrins, etc. . à ne
pas louper...
Tempête de petits grêlons qui accrochent vite au casque
. Pas pratique rouler vers 2600 m. Avant l'Iseran, d'autres motos passent
quand même mais je réfléchis à deux fois
du bord de la fenêtre de ce refuge désaffecté où
il caille, avant de me lancer. Si je reste ici (sans allumette pour
un p'tit feu) et que je ne puisse ni redescendre ni monter, nuit zarbie...
Allez go... le couple du v11 n'arrange pas la conduite et la poignée
de gaz est manipulée avec la plus grande des précautions...
on roule sur des oeufs, mais... mais... après, une fois le calme
revenu, quel spectacle! La montagne donne l'impression d'être
toute cuivrée avec des couleurs des plus hallucinantes, un vrai
délire qui me laisse planté là sur le bord de la
route, le V 11 aussi.....
Je retrouve ensuite des potes aux Contamines prés de St Gervais,
journée de rando et d'escalade, un de mes passe temps favori,
et direction le lac Leman (850?) bien connu comme étant le rendez-vous
de tous les Guzzistes. Puis Lons le Saulnier et N6 jusqu'à Paris,
sous le soleil.....2850kms, de bonheur pur mégaphone....
A bientôt pour de nouvelles aventures en V11... of course
Phil
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