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J’irai revoir ma Normandie…
« Grand beau » a dit la météo … les gosses n’ont pas eu l’hypocrisie de faire semblant d’être triste quand on les a laissés sous le contrôle bienveillant mais tout relatif de leur Tantine. J’étouffe les derniers scrupules de leur mère et couvre ses ultimes recommandations superflues en faisant chauffer la guzz’. |
Je rattrape le retard pris sur mes prévisions de départ en circulant sur l’autoroute A6 à vitesse prohibée entre les voitures. Le goulet d’étranglement pour l’accès à la porte d’Italie permet de vérifier que la température est effectivement très estivale pour la saison et que nous ne sommes pas seuls à prendre la route. Didguzz, Steph et Pimprenelle sont déjà au point de RDV. Ravitaillement en eau pour les pilotes, les doublures de blousons sont reléguées au fond des sacoches, les derniers détails de l’itinéraire sont fixés et les 4 motos enquillent une voie rapide pour s’éloigner de la capitale et retrouver les départementales en direction de la basse Normandie.
Quelques virolos sympathiques en descendant sur St Rémy les Chevreuses puis nous tombons dans un traquenard embouteillé pour traverser Rambouillet. Un peu énervés par la chose, les pilotes mettent les gaz et le rythme s’accélère dès la sortie de la ville. La V11 donne la cadence, la Norge suit, la 850 Le Mans s’accroche et passe en mode «attaque», la Bien Molle veille au grain en fermant la marche. Emporté par l’élan, nous dépassons l’entrée du gîte en fin d’après midi. Freinage, rétrogradage et demi tour. Le gîte est une ancienne étable joliment restaurée dont les râteliers à foins servent de présentoir pour la documentation touristique. 5 lits et 2 chambres mais le lit double est dans la chambre de 4! Nous convenons de laisser les 2 garçons au rez de chaussée dans l’intimité des lits jumeaux pendant que Pimprenelle cohabitera (comme disait le crapaud en rut) derrière un paravent avec le couple à l’étage. Le patron est un ancien motard qui a fait le tour du Maroc en 650 XS à la fin des années 70. Il a depuis, troqué sa moto contre un cheval… Le resto réservé par Steph, tenu par 2 hollandaises est situé au village, à 3 bornes du gîte. Le temps étant estival et la nuit promettant d’être étoilée, nous décidons de nous y rendre à pied… Dans l’estaminet, à la déco un brin branchouille et curieusement décalée dans ce village paumé du Perche, nous faisons connaissance avec la charmante paire de bataves. Les garçons qui avaient déjà commencé à fantasmer en voyant les néons rouges de la vitrine à l’enseigne de «La petite Ramonerie» constatent avec désappointement que ces dames ont déjà quelques heures de vol… Après un repas agréable (et copieusement arrosé), nous repartons dans la nuit en pouffant comme des collégiens, éclairés par la voie lactée (et accessoirement par la frontale de Steph).
La nuit sera douce, le sommeil réparateur et le petit déjeuner copieux. Une fine brume recouvre la campagne et attend que la température remonte pour disparaître. Notre petit groupe reprend la route. Premier arrêt à la maison du parc régional du Perche, puis direction Alençon pour traverser la forêt d’Ecouves. Les routes sont superbes … et la vitesse de croisière à la mesure de l’état du réseau routier! Du coup, on a pris de l’avance sur le planning et nous poussons jusqu’à Sées en prétextant voir la cathédrale (mais c’est surtout pour trouver un bistrot ouvert en attendant l’heure d’aller au resto). Repas gargantuesque à « La Petite France » où le patron nous fait l’article sur la demi-pension de son établissement (c’est effectivement un bon plan pour une autre ballade!). Passage au haras national du Pin, puis arrêt à Gacé avec un joli château de briques rouges. Notre périple Bas-Normand est bouclé à Mortagne au Perche… c’est déjà l’heure de rentrer sur l’Ile de France. Nous remontons doucement en diagonale sur la carte. Dur de trouver un troquet ouvert le dimanche soir pour se dire au revoir avant de plonger dans le grand rush des retours franciliens et nous devons nous contenter d’une station essence. Les 40 derniers kilomètres sont remontés en inter-file sur des 4 voies saturée… Les pilotes sont pressés d’arriver pour en finir avec cet exercice pénible mais chacun se console en pensant à toutes les prochaines fois… BAUFER 2010 |
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