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| Cette
aprèm' on va chez Zucchi. Sur le coup j'ai compris Stucchi. Mais
les explications de Salvatore qui a découvert le personnage lors
de ce séjour dissipent immédiatement le malentendu. Après
avoir écouté mon pote, je comprends que l'antre du gars
est une sorte de synthèse de l'enfer et du paradis mécanique.
Comme souvent, la réalité dépasse la fiction, air
connu
Pour faire simple et donner une idée aux plus lettrés
d'entre nous, si vous connaissez le "TORD BOYAUX" de Pierre
Perret, vous pouvez envisager d'avoir un bon début d'idée
de la question. La marche d'approche nous fait nous éloigner du centre de Mandello pour atterrir à l'entrée d'une sorte de friche. Si un connaisseur ne te révèle pas l'existence du lieu, macache! A droite un cheval broute nonchalamment quelques touffes d'herbes vertes, à gauche un bâtiment flanqué d'un appentis en bois. En s'engageant sur le chemin caillouteux un premier indice. Une bougie gît au sol aux trois quarts enterrée. Se révèlent alors des taches rouges qui sont en fait des motos, éparpillées autour du bâtiment. Et puis, c'est le choc! Ces bécanes qui feraient le bonheur de bien des collectionneurs sont exposées aux intempéries, posées là en vrac et servent de tuteur aux liserons qui les envahissent inexorablement. Hallucinant! On s'avance dans l'appentis. Le boxon est indescriptible. Caisse de side rouillée, pièces en tous genres jetées en vrac sur des étagères et les rebords de fenêtres, engins plus ou moins complets entassés les uns sur les autres, certains sous des bâches, toiles d'araignées... Après avoir enjambé une clé à choc et divers outils qui gisent là où on les a posé première respiration. En plein milieu de ce foutoir, belle comme au premier jour une AIRONE restaurée de la plus belle manière qui soit
Car voilà. Ici, on restaure de l'ancienne, et avec quel talent. Sûr que si on ne franchit pas le seuil des apparences, on ne le saura jamais. Et quand on pénètre enfin dans l'atelier, le festival continue. Dans tous les domaines d'ailleurs. Là, le maître de céans tripatouille avec un de ses gars une V 35 dans son jus, au fond, devant l'ordinateur (étonnant de trouver de l'informatique ici!!!) une troisième larron s'occupe à une petite réussite virtuelle. Et toujours des glingues partout, surtout au sol mais aussi deux Galettos comme neufs, une 4 cylindre Nimbus danois "work in progress" mais qui affiche bien le savoir faire des gars qui bossent là, sans compter un superbe V Twin noir dont on devine que la peinture ne cloquera pas. Comme ailleurs, la même gentillesse. Tu peux venir regarder, il suffit de demander et on devine que ces types sont justes contents de savoir que tu viens admirer leur boulot.
Une précision quand même: entre le moment où tu amènes ton engin chez Zucchi et celui où il te le rend, inutile de venir lui casser les roubignolles sur l'état d'avancement du chantier Quand c'est bon, tu es averti et tu es certain que le boulot est nickel. En fait, je soupçonne que les épaves végétatives ne soient que l'héritage de trépassés pour qui l'attente a trop duré |
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