"L'eau est transparente pour qu'on voie bien en quoi c'est fait "


 

 

Quelque semaines se sont écoulées depuis l'ULTIMATE RALLY. Nous retrouvons Etienne et son Monster "PUISSANCE ROUGE" sur le tracé du Dark Dog Moto Tour 2009. Du Val de Reuil à Toulon, morceaux choisis de cette semaine de course.


DDTMT 2009: DARK DOG MOTO TOUR 2009

PREAMBULE. Pour une fois, je n'ai pas pu me jeter sur le clavier à peine la combinaison enlevée. Boulot, boulot et encore boulot. Donc, ce compte rendu du Dark Dog est un peu différent, avec des souvenirs un peu moins présents, et un peu dans le désordre.

COUILLES. J'ai fait sérieusement rectifier la selle (- 2cm derrière et + 3cm devant, c'est considérable) qui d'origine est une horreur pour les encouillés (terme poétique à redécouvrir dans une vieille bédé de Reiser ou Bretécher "Les Femmes"). Incompréhensible de trouver un tel instrument de torture sur une meule par ailleurs avec laquelle on se sent bien. Certes, on peut appuyer un peu sur les bras pour se maintenir à distance, mais tu fais ça 2 heures avant d'avoir des crampes, tu te relâches, et paf, tu te prends une bosse qui te fait passer de Hannibal à Annie tout court (perte des balles). Avec la modif', c'était nettement plus mieux, mais 10 jours après, j'avais encore le secteur sacrément endolori. Je comprends pas non plus qu'une selle adaptable ne soit pas proposée en option. Alors qu'en option, ils proposent une vraiment géniale sacoche de selle.

Denis BOUAN
Manoel DELAVAL au Ricard

GRANDIOSE. Dans l'étape marathon, (650 bornes au Road Book papier, parti à 5H du mat sous la pluie et une dizaine de cols dans les zalpes) comme j'avais une certaine habitude de la navigation, je me suis retrouvé plusieurs fois à faire la loco pour des petits trains de 3 à 6 bécanes. Et forcément, c'étaient des clients puisqu'on partait dans l'ordre du classement et que j'étais aux environ des 10 ou 12 à ce moment. Parfois, il y avait des bouts un peu plus longs, genre prochain carrefour à 20 bornes. Et là, j'ai halluciné en voyant passer une fusée interplanétaire qui me double. « Mais il doit avoir une panne de frein, il va se tôler, c'est sûr. » Et non, le pied vaguement par terre, plus vraiment sur la traj' idéale, mais ça passait. Et impossible de le suivre malgré le fait d'être de nuit. C'était le Delaval. J'avais lu qu'il avait du sang de chouette dans les veines. Je te jures que c'est vrai. Un seul arrivait à s'accrocher, Bouan. Le mec Bouan aussi m'a passé comme un trépané, mais lui, j'arrivais quand même à m'accrocher. Pas facile, mais j'y arrivais. Mais le Mano, non. Et ça, ce sont des trucs inoubliables, que tu ne peux pas retranscrire par une photo ou un film, si quelqu'un arrivait à filmer dans ces conditions. Si tu le vois passer du bord de la route, tu te dis: « Bon, il va pas mal le gazier. » Mais ça ne doit pas être plus impressionnant que ça. Par contre, le vivre de l'intérieur, t'es sur la flotte, la route est grasse, tu passes la 3 tout les 10 km vu le pakson d'épingles, fait nuit, mais alors bien nuit, en pleine cambrousse, pas le moindre lampadaire ou éclairage, pas de bande blanche. T'es limite partout, ça glissouille tant que ça peut, tu peux jamais ouvrir franchement (frustrant), et là, t'a un truc venu d'ailleurs (non c'est pas humain) qui te montre que non, t'es vraiment loin d'être limite. Tu pleures ta mère, mais en même temps, t'as envie de descendre en marche pour applaudir.

CHIANT. Dans la 1° étape, Val de Reuil / Magny-Cours, départ dans la nouit, avec météo vaguement humide, je me suis demandé ce que je foutais là. Chiant de chez chiant. Pas de virolos, que des portions radarisables, la flotte, rouler sur un truc bien moins confortable qu'une bagnole, pas la radio pour te distraire, pas le moteur à faire chanter, pas de paysage intéressant, pas de motif de baston, juste tenter de ne pas se faire piéger, rentrer tout pour se protéger du froid ou de la flotte et surveiller le Tripy, vaguement, du coin de l'œil, car il est formidable ce Tripy. Il te prévient quand tu te trompes, alors plus besoin de se concentrer dessus, surtout sur une étape de cette longueur ousque tu sais qu'il y a du temps de rab. Et tu gamberges, tu t'emmerdes. Mais grave. S'il n'y a aucun plaisir, ne faudrait-il penser à arrêter? Autant dire que l'arrivée à Magny-Cours et la spéciale dans la foulée c'est une autre planète et qu'il faut chercher la motivation pour envoyer du gaz sans s'envoyer en l'air. (au vrai sens du terme) Car avant, pas vraiment eu l'occasion d'étalonner le pilotage. L'inconvénient de ne pas avoir de meule perso et de ne rouler que pour les compétes.

L'ARDECHE. Putain, la spéciale de Darbres elle était, comment dire, ben spéciale, justement. Peu de reco pour tout le monde, car jusqu'à une semaine de la course, elle était gravillonnée. Et dans gravillon, il y a grave!  Quelle fraîcheur dans l'accueil par les gens du MC local. De grands sourires nous montraient combien ils étaient réellement contents de nous voir, ça fait plaisir. Et ce prix spécial affiché au départ: le 7° scratch de la spéciale gagne un chèque de 77€ offert par le motoklub. Ça fait du bien ce genre d'ambiance kermesse un peu décalée, un peu comme le spikaire de Puget (2007 et 2008) qui parlait au nom du MC local qui avait un nom genre "Les Motards Sympas". Comme ça tôlait pas mal devant, il y avait de l'attente: j'ai pu me remettre le tracé en tête en regardant sur la carte des commissaires installés au départ. Et je suis parti un peu le couteau entre les dents. Très bizarre l'adhérence: revêtement juste refait en bi ou en tri-couche. C'est une couche de goudron, une couche de gravillons, et rebelote pour le bi et rerebelote pour le tri. Et on roule dessus pour bien faire rentrer ces putains de gravillons dans le jus, en attendant que petit à petit le surplus s'évacue tout seul. Parfois un coup de balayeuse, mais ça fait pas partie de la dotation majeure de l'équipement de ces contrées. Tandis que l'enrobé, c'est un mélange fait à l'avance de gravillon et de goudron. Mais c'est hachement plus cher. Tiens, c'est curieux, ce mot "Hachement" il ne déclenche pas d'anomalie avec le correcteur d'orthographe. Bizarre, car il n'est pas dans mon Petit Larousse Illustré de 73. Quelqu'un sait quelle est sa réelle définition? Hachement, avec un H comme "à cheval". Ha ha. Donc à Darbres, pas d'enrobé, mais un inquiétant revêtement clair avec un grain très grossier, et pas mal de chutes devant. J'y suis allé de bon cœur. Mais, tain, justement, le cœur, il a souffert, j'avais les mains qui tremblaient bien à l'arrivée. Et pour cause: 4° scratch. Wouaou, un vrai de vrai de résultat. Même s'il faut reconnaître que les écarts étaient infimes: spéciale très courte. Et parole, jamais eu une sensation pareille. On avait l'impression de rouler sur des billes, très étranges comme sensation. Pourtant, il m'a bien semblé qu'il ne restait pas de gravillons "errants" (copié sur des panneaux belges indiquant "Grenaille errante" ). Peut être dû au fait que ces gravillons tout neufs n'étaient pas rodés? Ou que le grain était très grossier, comme l'ancien Ricard: selon un pneumatologue, tiens ça allume pas non plus le correcteur d'orthographe, et ce n'est pas non plus dans le dico, essayons le pneumaticologue, ah ce coup-ci, ça allume, donc un gars de chez Michelin ou Dunlop nous avait expliqué: Spa, c'est un revêtement lisse sur lequel tu as tiré avec du petit plomb, le Ricard, c'est une surface lisse sur laquelle tu as fais du crépi. Ce genre de parabole vaut mieux que tout les discours techniques, l'aurait du faire curé le pneurologue (ah, ça allume).

GUIDON A CHADRON. Comme avant chaque spéciale, je m'arrête quelques bornes avant pour mettre les réglages "pistes" à la place des réglages "confort" (merci Manu Ripault), et remettre le guidon en position normale. Et au resserrage des 2 vis du guidon droit, paf, une vis casse net. Je me suis senti me liquéfier sur place. "Mais non, tout va bien" à destination des ceusses s'arrêtant pour offrir leurs services, mais qui au fond viennent un peu aux nouvelles en espérant qu'il m'arrive une grosse merde qui les fera me repasser devant (je le sais, je fais pareil). J'optimise du mieux possible le serrage de la survivante et je teste: je tape, cogne, pousse, fais le poirier dessus, etc. Pas pour voir quand ça casse, mais surtout pour me rassurer. Car, les efforts faits sur un guidon en spéciale de rallye sont considérables. Ça serait intéressant de mesurer les efforts qu'on fait dessus, ça doit largement dépasser le poids du corps, et avec l'inertie et les bosses encaissées, on doit dépasser les 200 Kg. Essaie pour voir de casser un guidon encore fixé sur une épave: impossible. J'ai pris le départ pas vraiment rassuré. Tout en ayant l'impression d'être propre, je me suis quand même chié dessus: 19°, mon piu mauvais résultat.

Thierry BOYER

LE MORAL. Une preuve de plus qu'avant la condition physique, c'est un sport de mental. C'est pas Th. Boyer avec sa 675 qui contredira. Alors qu'il avait réalisé des chronos époustouflants en reco sur la spéciale d'Alès (piste vitesse en verlan + piste rallye), il a été lamentable en course. Comment t'as fait pour faire un chrono pareil "Ben en fait j'en sais rien, j'étais juste pas bien dans ma tête". Ce qui ne donne que plus de mérite aux habitués des avants postes. Comment il fait le Bouan pour être systématiquement devant et faire tout ces scratches? Il a un moral en béton ou il est total insensible?

PAS MAL DU TOUT. 1° rallye où je n'ai pas eu mal aux poignets et aux avant bras. Tu sais cette douleur pernicieuse qui au bout de quelques zeures (10 minutes quand tu roules peu) te font une saleté de douleur à l'intérieur des pouces, et cette impression curieuse d'avoir les avant bras à l'envers. Pas de douleur cette année grâce à ce guidon miracle réglable dans tout les sens. Pour la route, il fallait une position oreille rabattutes genre 103 Peujojo dont on pouvait ramener les guidons au milieu. Ca donne une conduite un peu particulière genre tenir le guidon avec les roublignolles. Jamais compris pourquoi d'ailleurs tous les jeunes faisaient ça à l'époque. Un peu comme les djeuns de maintenant (tu notes que c'est le "d" qui marque la différence d'époque) ont tous des pantalons qui chient. La mode sans doute. Breffle, sur route, ça donne un réglage 103 peujojo, avec les avant bras dans une position bien plus naturelle. Autre gros zavantage, ça te redresse grave le buste. Et donc ça élimine un pacson de courbatures.

(PRESQUE) PAS DE GAMELLE. Il y a toutefois un (gros) inconvénient. Dans une des dernières étapes, j'étais assez fier de n'avoir pas pris de tôle de la saison. Au CH de Bras D'Asse j'entreprends de tourner pour rentrer dans le pré devenu paddock DDT. Et avec des guidon 103 Peugeot, le rayon de braquage devient inexistant. Et donc patatras. Devant tout le monde évidemment. Après des heures à rouler seul au milieu de nulle part, j'ai donc attendu d'être en pleine lumière pour passer à l'acte.

MIRACLE. Dans cette dantesque étape marathonton Thonon-Le Cannet, j'avais misé sur la conso étonnement faible de cette Monster avec une autonomie de quasi 300 bornes. Pour 15 litres de contenance c'est pas mal. Bon, je me doutais bien que la façon de rouler influait, mais pas à ce point. Comme on avait bastonné un peu dès le départ, je me méfiais. Mais en tempérant ça par le fait qu'on était sur (sous et dedans!) le mouillé et de nouit. Alors vers 180 bornes, je gambergeais dans les calculs en misant sur un allumage de la réserve à partir de 220 bornes pour parvenir à rallier le CH sans ravitailler. Et à condition de ne pas trop kilométrer en jardinant dans le Road Book. Et katastrophe, ça s'allume à 190 bornes! Du jamais vu, une surconsommation de dingo. Qui prouve bien par ailleurs que malgré la flotte et la nuit, dès le moindre bout droit, on mettait gaz, du gros gaz. Bon, voilà un beau voyant de réserve tout orange qui t'éblouit, tellement tu ne vois plus que lui. Et il est allumé franc, même pas de clignotage au freinage ou aux épingles. Alors, conduite économique, systématiquement en sous régime, pas de relance, on profite au maxi de l'élan. Pas fastoche avec ce tracé de montagne: des bouts droits entrecoupés d'épingles, des vraies les épingles. Donc pas possible de prendre beaucoup d'élan. Bon, pleine montagne, du côté du Grand Bornand, le prochain patelin pouvant avoir du pétrole est dans les 40 bornes, et encore, faudra sans doute sortir du parcours pour espérer trouver une station. Tiens une station, mais de ski. Qui se réveille. Les gars partent au boulot, ouvrent les volets. Par encore l'heure ou les bonnes femmes en peignoir couleur vomi sortent prendre l'air, l'est encore un peu tôt. Voilà sans doute les services techniques municipaux, là haut au dessus de la route, avec un fatras d'engins et de matériaux de construction. Doivent peut être avoir de l'essence eux. Car, faut songer à en demander aux passants de cette essence, mais surtout pas perdre de temps. Si c'est un papi qui sort sa tondeuse, ne pas tenter sa chance, c'est peut être du mélange, ou s'il est bien atteint, ça peut mettre pas mal de temps pour qu'il réagisse. Et puis, comme on ne pense qu'à rouler du mieux possible, on n'est pas préparé dans la tête pour s'arrêter. Un peu comme pour pisser. Toi aussi t'as remarqué qu'on repousse toujours le moment pour ça en ce disant qu'on peut faire durer encore un peu, l'essentiel étant de se rapprocher du but final. Tiens mais j'y pense, me semble avoir entre aperçu un gus déguisé en DDE dans les services techniques vus plus haut. Allez zou, demi tour-je et entre sans trop y croire dans le dépôt. Et avec ce guidon 103 Peugeot, c'est pas de la tarte. Plus les manchons. Ah les manchons, quelle belle invention. Mais il y a des inconvénients. Bon z'auriez pas un peu d'essence? Et dans la vie, il y a des miracles. Tu t'attends à un grognement négatif, et ça te tombe dessus: « Oui, on a ça. » En évitant toute précipitation pour ne pas le brusquer, on entre dans le dépôt obscur, à côté d'un bidon de 200 litres, et voilà qu'il actionne une pompe à l'ancienne, un bâton qui fait va et vient. Tuyau trop court, faut rapprocher encore la meule. Ça doit servir qu'à remplir les bidons des débroussailleuses à dos, mais pas les réservoirs des motos, ça non. Dites donc, c'est sûr que c'est de l'essence, pas du gazole ou du mélange? « Oui, oui, c'est du 95, et moi-même je roule en moto. » J'y crois pas. Ce n'est pas le dépôt de la commune, c'est en fait la station d'entretien d'une station de ski. Emu aux larmes, je le paie 2 fois ce que ça vaut (alors qu'il ne veut quasi rien) et là, je te jure que j'ai rarement emmanché comme ça. Juste par défoulement, pour le plaisir. Et il y avait presque tout pour: endroit désert et bonne visibilité. A un moment, il y a même presque eu des trajectoires séches, un total bonheur. Au final, tordage de poignée + ravitaillement express = pas de pion au CH. Sur la journée, nous n'avons été que 7 à réussir. Et encore je n'avais que 90 secondes d'avance après cette liaison de 2 ou 300 bornes. C'était chaud bouillant (dans le froid).

PAS DU JEU (BC). La base chrono de l'étape marathonton, c'était kèk chose. Une route vicinale vicieuse et annale (pleine de merde quoi), dans la sombritude du jour qui se lève péniblement à travers le plafond nuageux que la plouie parvient à traverser, dans des sous bois, de la terre partout, enfin surtout de la terre et parfois un peu de goudron. Et moi, imbécile, dès que j'atteignais le 65 de moyenne (fallait viser le 60), je coupais. Enfin surtout dans la 1° partie, jusqu'au 1° contrôle. Qui n'en était en fait pas un, c'était un leurre. Après, je me suis douté du piège, alors j'ai tordu grave la poignée. Quel plaisir, la banditude totale. Ruade dans tous les sens, glisse, merde, merde, merde, ça passe pas, si ça passe et tu retords la poignée, avec de plus en plus de virolos, enfin avec plutôt de moins en moins de bout droit ousque tu peux presque accrocher la 3. Breffle, j'ai merdé. Dommage, vraiment dommage, car en fait, il fallait être à toc tout du long. Je suppute que les ceusses qui ont scoré ne se sont pas posé de questions, ou alors avaient leur ordi ou compteur HS.

Nick AYRTON

LA GOUTTE FAIT DEBORDER. Au de l'étape Le Cannet/Toulon, on s'est fait une liaison costaud de chez costaud. Pas mal ont pris des pions. Je me remémore l'arrivée de Nick Ayrton au CH de Péone quasi à fond avec sa R1 hurlante sur le tapis à transpondeur qu'on doit passer au ralenti. Les commissaires attablés aux paperasses de contrôle, ils ont dû vraiment sentir le souffle de la meule. Il savait qu'il était hors temps et cherchait à grappiller quelques secondes. M'enfin, le propos n'est pas là, donc dés le début, fallait s'accrocher. Des virolos à t'en donner le tournis, dans le noir absolu (encore un départ à des heures où d'autres se couchent). Et surtout, ne pas lâcher le train là bas devant, avec la plupart des meilleurs. Pas avec eux, mais juste assez pour de temps en temps apercevoir un feu rouge au loin qui te confirme la bonne route. Ouais, sauf que pour arriver à juste le suivre, j'étais tout simplement au maxi. Sans compter avec ce Tripy qui confondait avec le trajet de retour qui passait par là. Alors, surtout ne pas s'arrêter pisser, ne pas se laisser distraire par ce genre de futilité alors qu'on risque un truc gravissime bien plus important que toutes les fins du monde: pointer en retard. Non faut se retiendre jusqu'au bout, ne pas lâcher l'affaire au risque de perdre totalement le contact. Non pas que j'avais des doutes sur la route, mais le rythme permettait de savoir si certains du groupe estimaient être en retard au pas. De toute façon, fallait pas compter sur ceux de derrière pour confirmer la route, on avait tellement bastonné qu'ils devaient être loin. Oups ce vol sur une caillasse dans le mini tunnel, rester concentré, oui concentré. Et ne pas pisser, non pas pisser. Et miracle, le ciel qui commence à s'éclaircir + la route qui devient piu roulante + un calcul à la volée qui m'indique quelques minutes d'avance. C'est le moment, mais vite fait hein, pas perdre de temps. Donc très concentré sur la pression, mais ça met du temps pour attraper la limace avec ce froid, et cette envie grave qui te coupe en 2. A, nous voilà en position, à mon commandement lâchez tout et surtout poussez. Flute, enfin merde, j'ai un peu trop poussé. Il n'y aura pas que la goutte dans le slip. J'ai bien raclé un peu avec la végétation alentours, mais c'est pas agréable hein comme sensation. Au CH suivant, j'ai passé un paquet complet de kleenex. Intéressant n'est-ce pas ce compte rendu!

BUSQUETS
Barbara COLLET

SELF MECANIQUE. Innovation cette année avec l'assistance du soir interdite aux mécanos pour la journée marathonton. Ça se passe dans une grande salle de sport, quelques rares spectateurs dans les gradins, on arrive dans la salle, accueilli par le spikaire qui commence à connaître chaque concurrent et nous bloque 2 mn. Les mécanos sont autour derrière des barrières et peuvent passer les zoutils. Alors chaque pilote y va de sa petite révision. Certains se contentent d'un coup de chiffon et du plein, tandis que d'autre vont jusqu'à carrément changer les gommards au démonte peuneu. On sent que certains ne savent pas manier les outils, tandis que d'autres sont des experts. Et l'étape ayant été aussi limite pour les assistances, beaucoup manquent de matériel, et les clés passent de l'un à l'autre dans un fébrile et studieux bordel. Le plus dur pour les pilotes, c'est qu'on est encore en combarde, et on chope une de ces suées!! Et puis on est bien rincés (départ le matin à 5H), sales, assoiffés, affamés, et le spikaire qui virevolte d'une meule à l'autre. Fatigant, mais assez surprenant, et aussi plutôt sympa et intéressant. Pour les spectateurs, c'est un super moment d'avoir les explications (du micro) et l'image en direct. Expérience à renouveler.

COUILLUE LA MISS. J'ai roulé un moment avec la Barbara Collet, la miss à Bouan. Couillue la fille! J'avais du mal à la suivre en virolage. Une sacrée vitesse de passage dans les zigouigouis, jamais le pied par terre malgré les châtaignes et les gravillons, une assurance impressionnante. Elle manquait juste un peu de trajectoire et avait peut être une conduite trop "route". Parfois trop à droite alors que c'était inutile. Une telle assurance m'a donné l'impression qu'elle n'a pas encore pris de tôle sérieuse, genre un capot de bagnole ou une trace de sable invisible. Dans une autre étape, ça bastonnait sans plus dans les Alpes dans des enchaînements assez rapides (en 4 voire même en 5), c'est-à-dire dans des endroits pas évidents à doubler. Elle nous est arrivé de derrière et a mis un point d'honneur à doubler tout le monde. C'était inutile total car on avait tous de l'avance, d'ailleurs pas un seul des encouillés n'a suivi. Et elle a fait ça juste pour nous montrer qu'elle en avait.  Ben ce brin de fierté totalement inutile et typiquement masculin, ça impose le respect.

CHAQUE DETAIL COMPTE. Je regrette de n'avoir pas fait de coup d'éclat (à part 4 à Darbres), et  j'étais le plus souvent dans les 10 voire les 15. Et le résultat final s'est fait sur une somme de petits riens. J'étais concentré comme jamais sur le maximum de choses possibles: propreté des compteurs, se lever de la selle déjà au bout de 50 bornes pour prévenir les escarres, grappiller quelques dixièmes à chaque stop, mais sans les cramer, ralentir avant la spéciale pour garder de l'agressivité au bon moment, ne surtout pas céder à la tentation de bastonner avec les copains, calculer et recalculer en roulant l'avance ou le retard, la conso, etc. Il y a toujours un moment ousqu'on se met à penser à autre chose, à regarder le paysage, à penser aux galères du copains, mais là, cette année, ces moments ont été rares. Cette concentration permanente fait qu'on se coupe un peu des autres, à rester un peu à l'écart, mais c'est aussi ça qui est rigolo: pratiquer un jeu d'une façon la plus sérieuse possible. Un peu comme les mômes prêts à s'arracher les tripes en jouant au monopoly.

LA GRIMACE DE TROP. Pas fana des photos de soi en train de poser devant l'objectif. Truc que je considère comme plutôt artificiel, à des kilomètres des photos en action. Conclusion, dés mon plus jeune âge (j'espère y être encore), je fais une grimace lorsqu'on me shoote. Résultat, pareil à la remise des prix à Toulon où pour le podium des vieux que j'ai gagné, sur les photos je vois plein de visages souriant et un zigoto au milieu qui s'obstine à grimacer. Non pas fier sur ce coup là, être content et ne pas le cacher c'est aussi un plaisir à partager.

MANQUE DE OUATE. Dans les 10 en spéciales et dans les 19 -20 en circuits (Alès, Magny-Cours et Ricard). Sans chercher de fausses excuses, ces places de nuls sont quand même largement le fruit des piètres canassons de la Monster. En y regardant de plus près, je n'ai pas trouvé de meule moins puissante devant au classement circuit. Même les Katoche qui ne sont que de simple bicylindre me mettaient la purée quand la pouissance était nécessaire. Ca m'a vraiment foutu les boules et rappeler 20 ans de cacatisme obstiné: jouer à David contre Goliath, ça va un moment, et les fois ousque j'ai pu avoir une meule dans le coup côté moteur, le plaisir n'est pas le même.

Etienne dans ses oeuvres.

L'HYPOCRISIE DU RALLYSIEN. Ouais ouais. Le rallye tu verras, c'est sympa, ambiance conviviale, beaucoup d'entraide, etc.. Hum. C'est de la façade tout ça. Un peu dans l'air du temps. T'as remarqué comment les salamalecs envahissent de plus en plus notre quotidien. Le moindre coup de phone commence par un invariable "Salut, tu vas bien?" qu'on lâche alors qu'on en a rien à foutre. Ça rappelle un peu l'Afrique ousque quand tu cherches ta route alors que  tu es en course, faut surtout commencer par les traditionnels "Bonjour, tu vas bien? Et tes enfants vont bien? Et tes parents aussi? Et ta femme elle va bien aussi? Et au bout de 10 mn, tu peux enfin poser la question qui te brûle la langue: Et pour aller à Gao, c'est par où? D'ailleurs, pour poursuivre le parallèle avec l'Afrique, et face à ce phénomène récent et grandissant, certains parlent d'une sorte "d'islamisation du pays", qui nous vient de la proportion grandissante d'immigrés de ces pays qui ont apportés avec eux ces coutumes. Oups, tain, surtout ne pas déraper, paraît que c'est politiquement très incorrect. Adoncques, les rallyes, c'est un peu pareil. Chacun va voir le collègue, grande poignée de main bien franche, et les yeux dans les yeux lance un "Salut, tu vas bien" d'un ton qui se veut le plus intéressé possible par la réponse à la question. Et en échangeant quelques banalités, on tente de se rencarder sur les blèmes possibles. D'autant plus, que l'interrogé va invariablement se dévaloriser par des trucs du style "C'est la merde, chu pas arrivé à la régler", ou "Mon assistance n'est pas arrivée",  ou alors "J'ai reçu la meule la semaine dernière et j'ai pas eu le temps d'étalonner le compteur". Personne ne te dira que tout va bien et qu'il est fin prêt et qu'il a super reconnu chaque millimètre de spéciale. C'est là qu'on apprend qu'un tel est forfait. Et alors qu'on pense Super, ça en fait un de moins on lâche d'un air sincèrement attristé: "Merde, le pôvre, l'a vraiment pas de peau hein". Bon là, c'est du grand classique dans tous les sports. Mais le rallye en rajoute une couche: Petite attente à un CH, rayon de soleil, t'es vanné, levé à pas d'heure, content de voir que t'es largement à l'heure, tu retrouves les potes avec qui t'as pas encore pu discuter, t'as vécu des trucs tellement incroyable dans la liaison précédente que tu veux les partager avec d'autres. Breffle, petite détente après l'effort. C'est là que les habitués engagent la conversation dans le but suprême de te faire zapper un truc important, genre remettre le partiel à zéro, faire le plein ou summum du summum, pointer en retard. Mais faut la jouer très fine. En général, tu te fais distraire par ton suivant qui pointe 1 mn après, et tout d'un coup il te lance: "Mais tu pointes juste devant moi toi, fais gaffe, c'est bientôt l'heure." alors qu'il ne reste plus que 30 secondes. Bon, le gus te prévient quand même, (au dernier moment) car il pourrait être soupçonné de t'avoir distrait exprès. Très fin comme jeu. Ça plairait aux diplomates nucléaires iraniens.

MIKAEL ET FELIX. Une semaine avant le départ, Félix, mon fiston, accepte de me faire le chauffeur pour l'assistance. Je réalise un peu plus tard qu'il n'a en fait jamais conduit à part pour son permis tout frais, qu'il ne connaît le rallye que pour avoir fait un stage de 2 mois pour tracer l'Ultimate, mais que les habitudes et contraintes assistance lui sont totales étrangères, qu'il n'a jamais navigué à la carte, etc... J. François le boss de Puissance Rouge l'apprend un peu par hasard et me téléphone hélico presto pour m'imposer un mécano. La veille du départ. Un cadeau tombé du ciel. C'est comme ça que Mikael a débarqué dans l'équipe. Bon on a tout le voyage aller pour donner les zinfos. Et c'est certain, je suis bien plus rassuré de savoir qu'ils seront 2 dans le Master (les p'tits zamis). Ben, heureusement qu'ils étaient 2. Car faire l'assistance n'est pas une sinécure. Horaires de tarés, kilomètres de folie sur des minis routes, faire les courses, donc calculer à l'avance pour être dans les bons horaires dans une ville avec des commerces. Parfois foutre par la fenêtre ce GPS qui te calcule des moyennes à 90 quand à fond tu fais pas mieux que 40. Ne pas oublier qu'on est là pour un concurrent, qu'on est à son service. Et qu'il faut être prêt quand il arrive: calculer la tranche horaire de son passage, sortir les outils au cas où, les bidons de pétrole, le casse croûte, le nettoyant visière, le parasol s'il pleut. Parfois, le pilote est un peu énervé, genre: "Merde, vous faites chier, vous avez oublié de me remonter le rétro après le circuit. Si j'ai un contrôle, je risque une pénalité de 15 secondes." (ne pas pouvoir s'en servir, ou risquer une amende est bien moins grave que de prendre une pénalité) alors tu cherches frénétiquement le rétro, la tête un peu dans le gaz, alors que le rétro, il est dans la sacoche du casse couille de pilote. Le pilote repart gaz en grand sur des routes merveilleuses, et toi tu manoeuvres pour sortir le fourgon de cette impasse immanoeuvrable, tu réintègres la circulation avec les beaufs et bien sûr, un coup sur deux, t'arrives en retard à l'assistance en ayant même pas eu le temps de stopper à une pharmacie récupérer les bouchons d'oreilles que ton pilote a détruit total avec les doigts plein de cambouis. Alors, ben le Mikael et le Félixou, z'ont parfois un peu cafouillé au début, mais mazette que c'est agréable d'avoir une assistance qui fonctionne.

LE SYSTEME DES COUCHES. Le rangement dans un fourgon, c'est un métier. Au départ, c'est la douce quiétude des vérifs, de la mise en place. Et puis tout d'un coup, le rallye se lance. Et petit à petit, le bordel s'installe. Partout. Dans la cabine avec la poubelle volante pas prévue, les casse croûte pour midi, ceux en roulant, le paquet de bonbons pour le moral. Tiens qu'est qu'il fait là le chargeur du Tripy? Et les cartes, celle de France, de la région qu'on traverse, le GPS, la liste des courses. Et derrière, le niveau monte aussi. C'est curieux comme au début ça n'arrive qu'à un mètre de haut et qu'au bout de quelques jours, on atteint presque le toit. Et à chaque fois qu'il faut un truc, il est bien sûr enfoui total et introuvable. Et ce qui est posé à côté se retrouve entassé ensuite sur le reste. Et c'est là qu'on en arrive au "rangement" par couche. Tout le monde a connu ça, le rangement par couche. Ça se pratique beaucoup pour aller sur une course, ou pire encore pour en revenir, au moment où pour le rangement de retour t'as confié l'affaire aux bons potes venus t'encourager pendant que toi tu dois aller rendre les transpondeurs et récupérer les chèques de caution. Mais le pire évidemment, c'est en rallye, ousque le fourgon te sert d'atelier roulant dont tu te sers en permanence. Si tu n'as pas affaire à de vieux briscards comme Tonton/Jojo qui finissent par être hyper maniaques, dans le cas de nouveaux ou de mecs bordeliques, le mieux est d'attendre qu'ils craquent. Quand tu passes tout ton temps à chercher les affaires qui sont invariablement dans les couches du bas, que t'as cassé quelques bricoles en escaladant le monticule, tu finis par faire ce qu'il faut: tout sortir et re-ranger. Et miraculeusement, le fourgon se retrouve quasi vide.

IL Y A PARADE ET PARADE. Les zorganisateurs avaient inventé un nouveau truc pour faire plaisir aux villes d'accueil: une parade de tous les concurrents, escortés par quelques uniformes. Celle de Val de Reuil a été d'un chiant exceptionnel: tellement lente qu'on était obligé de constamment faire patiner en 1°! Quelques uns ont même réussi à tomber en panne, et pour la plupart, on ne sentait plus notre main gauche. D'autant plus que les moulbifs chauffaient grave vu qu'on allait à la vitesse d'un piéton! Et le tout dans des cités lugubres posées dans la campagne. Chiant de chez chiant. Tandis qu'à Toulon, on a retrouvé toute la magie du Sud. En pleine ville, à vitesse presque normale (on passait parfois la 4!), et un peu dans tout les sens. C'est à qui trouverait la blague pour épater les copains, sur les trottoirs, se servir de la bande surélevées "couloir de bus" comme d'une poutre pour rouler dessus en équilibre, ou carrément faire du slalom dessus, couper le contact aux copains, les serrer vers des obstacles impossible , sans parler des quelques stoppies et ouilinges le tout dans un joyeux concert de klaxons divers et avariés.

TONTON ET JOJO. Depuis 2003, c'est Tonton et Jojo qui me faisaient l'assistance. Avec grande efficacité. L'an passé, ils bossaient un peu pour le Xzéos Team qui leur a donné un petit salaire. Là, c'était à peu prés calé lorsque à 10 Jours du départ ils m'annoncent des prétentions financières en nette hausse, un manque de motivation spectaculaire et une phrase argumentaire qui me restera en travers: « Nous, on n'a pas de sous. » avec les sous entendus que cela laisse planer par le simple usage du mot "nous". J'avoue que ça m'a un peu coupé le souffle et que ça m'a illico fait penser à certaines professions qui ont le cul dans le beurre mais toujours en train de se plaindre et souvent en grève. Mais, ce qui m'a le plus refroidi, c'est le manque de motivation, moteur essentiel à ce genre d'aventure. Faut préciser aussi que Jojo fait actuellement des dons de moelle épinière suite à un drame vécu par le gamin d'un pote, et que c'est autrement lourd que des dons du sang. (conditions médicales draconiennes, prélèvement en hopital sous anesthésie, etc.)

Pascal LEGER
Maxime METTRA

PANNE ESSENCE MORINI. Dans l'étape Marathonton, le pilote (Maxime Metra, adorable) de la Morini fournie par Mimile se retrouve en rade d'essence quelques bornes avant un col. Doddy (Pascal Léger) le tire avec une corde sur sa Triumph. Le tout sous la flotte. Le Maxime s'est fait toute la descente (15 bornes? 30 bornes?) en roue libre, astique comme un malade et ne pointe qu'avec 1mn de retard. Tandis que le bon samaritain, Doddy, s'est pris un truc dans les 10 minutes dans la gueule. Le pire, c'est que le Maxime a réussi a faire sauter sa pénalité en argumentant que sur la liaison il avait perdu du temps pour secourir un blessé, et que l'organisation le savait puisque c'est lui qui les avait alerté au téléfon. Sauf que le secours à l'accident se passait dans une liaison précédente. Pas vu, pas pris. Mais sacrément malin

SYNDROME DE RAYNAUD. Tain, ça, c'est une belle merde ce truc. Au bout des doigts, enfin plutôt juste avant la dernière phalange, la tuyauterie sanguine se transforme en capillaire. Et entre les 2, il y a une sorte de soupape commandée par les nerfs. Le syndrome de Raynaud, c'est que cette soupape déconne. Résultat, par temps frais, genre 5°, t'as l'impression qu'il fait -15 sur les morceaux concernés, une horreur quoi. C'est dû aux vibrations et au stress. Pas de remède, faut juste tenir les doigts au chaud.

PAX VOBISCUM, PAX VOSBISCUITS. Dans la même étape, le père Audrain (un vrai curé concurrent) s'est un peu fracassé et certains sont resté quasiment ½ H pour le secourir. A la fin de l'étape, on a fait croire à des collègues qui avaient pris un minimum de pions que toutes les pénalités avaient été annulés car le Père Audrain avait pété un câble en disant que cette étape était infaisable, que les organisateurs envoyaient les gars à la boucherie, et que s'ils ne faisaient pas sauter les pénalités, il ferait excommunier les membres du jury dont certains sont de fervents pratiquants. Bon, le collègue y a cru un peu moins d'une minute, mais qu'est-ce qu'elle était bonne cette petite minute!

RADARDAR. Amboise. Ouh là, la casquette là devant dans sa touingo il est à 40 maxi et on va se le farcir sur toute la ville car il y a un interdiction de doubler à 30 mètres. Pas d'hésitation, un grand coup de gaz pour un doublage à 80. Et là, une sorte de flèche qui te traverse le cours. Mais pas celle gravée sur les arbres. Non, celle provoquée par la vue de 2 uniformes du rallye en train de te prendre aux jumelles. Et qui lorsque t'arrives à leur hauteur te font signe de ralentir. Et donc, tu finis ton étape, et celle du lendemain avec une boule là où tu sais, en guettant chaque résultat pour voir quelle pénalité tu te tapes. Pendant ces 2 jours également, tu cherches à contacter ces gars là pour tenter de négocier. Mais quand t'es au paddock, ils sont en réunion, alors un collègue tente de les joindre, sans succès, pas d'infos auprès des responsables. Et finalement t'apprends que tu n'as rien. Peut être que le barbu cruxifié qu'a porté sa croix dans la côte caillouteuse sans boire un coup, il a eu la même sensation quand il s'est résurectionné?

RADARDAR (Bis). Quatre contrôles successifs en arrivant à Thonon. Et un qu'on aimerait avoir piu souvent: Une ligne droite en presque ville. Des spectateurs de ci de là. Et au dernier moment, l'un d'eux qui te sort un carton sous le nez: "Radar à 2 km" et qui le replanque aussitôt. J'ai failli m'arrêter pour l'embrasser. Ce qui était rigolo, c'était la soudaineté et la furtivité de l'annonce. Faut dire que pas mal d'uniformes roulent parmi nous.

LA DOUCATE IDEALE 2010. Une Monster avec un moulbif de Streetfigter avec ABS (sous la flotte ou avec du gravier ça semble utile), réservoir un poil piu gros, sacroche AR comme la Monster, nouveau système d'embrayoir qui ressemble presque à un antidribbling mais qui fait qu'on peut encore démarrer à la poussette (me semble qu'il y a ce bazar sur les Hypermot 796), suspension réglables à distance et surtout surtout, les nouvelles poignées chauffantes. La multistrada semble pas mal, mais elle est trop lourde. Donc une Street revisitée?

ET LE RESULTAT? Le meilleur depuis 2003 (à part quelques scratches et la victoire en scoot): 6 au général, et un chouette papier technique de 7 pages dans Desmo N°40. Doucati qui roule n'amasse pas rouille

Etienne


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