"La première nuit après la mort, forcément on dort très mal. "


Retour vers le futur, version Magny-Cours.

de notre preux envoyé spécial Lolo.


Les années se suivent et se ressemblent, surtout quand on aime les belles mécaniques d’hier qui ont fait avancer l’évolution des mécaniques de maintenant.
De retour sur ce beau circuit de la Nièvre dont profite la région d’à côté, l’Auvergne. On ne va pas bouder notre plaisir. Fouchtra !
Vendredi 13 avril au soir, je m’affaire dans le garage qui abrite ma « Grosse ».
Il faut que je rassemble de quoi camper sur place. On s’est donné rendez-vous au camping de Chevenon, situé à 8 km au nord-est du circuit, avec l’Izzugo team. Bon ça y est j’ai retrouvé la tente, les piquets (en plus de celui que j’ai toujours avec moi….), le duvet, le tapis de gym’ qui me servira de « matelas », et surtout il faut que je prépare les commandes de t-shirts que je dois livrer sur place. La maison ne recule devant aucun sacrifice, et puis surtout, le Pacha m’a menacé d’ex communion si je faisais mal mon boulot… Alors c’est sous la pression, contraint et forcé que je prépare tout ça dans une ambiance où le stress est palpable….    ;o)))
Je selle le cheval (tapis de réservoir), prépare les fontes, vérifie la longueur des étriers, m’assure que le filet est en ordre, la bombe, les gants, la casaque, les bottes et les éperons, un petit coup d’étrille sur la bête, un peu d’avoine un grand seau d’eau et je ferme le box pour la nuit. La journée de demain sera longue et belle, la météo l’a dit.
Samedi 14, je file au marché hebdomadaire qui se tient dans la ville du roi Louis le Onzième m’enquérir de provisions de bouche afin de tenir un siège de deux fois deux heures où les preux chevaliers des temps modernes vont s’affronter dans la lice nivernaise. Je puise un peu d’eau au puits de St Yorre et je boucle mon havresac. Un mangement de mi-journée et … le téléphone sonne ! C’est le chevalier du Mans qui me hèle ! « Tudieu, que fiches-tu donc ? » s’enquiert-il. Je le réconforte et lui assure que je serais au village du camp du Drap d’Or sur les coups de 16h00 (heure SNCF).
Cornecul ! Il faut que je me harnache ! J’enfile mon armure, mon heaume, charge mon fier destrier, le fait chauffer, lui flatte l’encolure et … Hue ! 100 Kms plus tard et à 16h00 pétante, après m’être acquitté de la dîme auprès de la gardienne qui s’occupe du campement je trouve la tente des valeureux du Mans affublée du drapeau … italien ! Le bougre, il n’a pu s’empêcher. Cornegidouille et palsambleu il est vrai que nous sommes venus acclamer les pur-sang de Mandello !  Sus à l’ennemi ! Non Marie pas maintenant ! Il y a d’abord la tente à monter. Bon ça y est ! Je vais pouvoir aller affronter la foule en délire ! Pour l’instant c’est moi qui en fait un…Va falloir que j’arrête le sirop d’écosse ! A l’entrée du circuit, Miss Guzzi m’attend avec un ticket. Elle m’explique où je peux les retrouver. Je lui rétorque que je vais rejoindre le « village » en empruntant un macaron de la Scud’ qui me permettra de rejoindre le troupeau de bisons. Allez c’est parti, les doigts des passants qui passent pointent en direction du dessous de ma « Grosse ». Z’ont jamais rien vu ! Mais non elle n’a pas eu une descente d’organes, c’est normal ! En chemin je rencontre Dame Nikita que d’aucuns connaissent bien. Elle est venue avec son paquebot. (Une T3 avec laquelle elle n’amuse pas le terrain…) Après avoir salué mes gentils hôtes, je file vers le circuit pour aller voir comment se porte notre équipe favorite.
Izzugo que j’ai rejoins me raconte par le menu ce qui s’est produit depuis leur arrivée.
Jacques a dépouillé sa brèle en lui empruntant son démarreur ! ZZ ne sera pas des nôtres, sa grise a décidé de rester en aquitaine pour déguster des cannelés avec un verre de Bordeaux… En revanche je fais la connaissance de Samguzz venu du pays de Claude Nougaro avec deux potes. Z’auraient pu amener quelques violettes qui nous auraient délecté le gosier… Bon la prochaine fois peut-être…. Mais avec un cassoulet en prime ! Allez ce n’est pas tout, mais va falloir rejoindre nos places de supporters. Pendant que je fais quelques clichés, je suis assailli par une nuée de gamins encadrée par notre Ayatollah Zoneur ! Bon allez, une cervoise plus tard nous voila installés.
19h30 ! C’est parti pour deux heures de folie. Nos deux pur-sang ne s’en laissent pas compter par les poneys grands bretons ni par les potioks nippons. Les deux montures étant plus sobres que la concurrence, un seul ravitaillement suffit et leur fait gagner des places. Le chianti a un meilleur rendement que le whisky ou le saké !
21h30, l’affaire est emballée ! Premier et troisième. Bravo, bravissimo ! Nous sommes conviés à une petite sauterie sous la très conviviale tente de Moto Bel’. Ce n’est pas  tout ça, mais il va falloir rentrer au camping, on n’est pas d’ici et en plus il faut que je me coltine le représentant d’Anima Guzzista…. Ben oui, c’est pas le tout de se laisser délester de son démarreur, il faut trouver une bonne âme qui vous ramène dans vos pénates. Bon je ne peux pas lui en vouloir, grâce à son prêt une Guzzi a fini première. Mais je peux vous dire que le bougre n’est pas peu fier de son démarreur le plus rapide de France et de Navarre. Du reste tout le paddock en a eu les oreilles rebattues.
Allez une nuit de sommeil va nous faire du bien. Pas de bol, il y a un mariage maghrébin dans la salle des fêtes proche du camping. Bon on va essayer de dormir quand même….
Dimanche 15, la rosée et la brume du matin nous rafraîchissent les idées. Une douche, un jus offert par la maison Izzugo team, et nous voila prêts à retourner sur le bord du circuit. Je fais ma distribution des prix aux personnes que je parviens à retrouver. Ils sont bien ces Zoneurs, car ils l’ont tous fièrement arboré ce t-shirt dont le logo est l’œuvre de notre éminent « Fou du Roy », j’ai nommé notre amuseur public Leflat !
Après avoir déambulé dans les allées du village, j’entends dire que les clubs dont les membres sont munis d’un macaron délivré par les organisateurs ont le droit de faire une parade sur le circuit ! Je n’en crois pas mes esgourdes… Tudieu, j’en ai un sur ma bulle, gentiment prêté par la Scud’, qui va me permettre de réaliser une envie qui me tient depuis bien longtemps ! Tourner sur le circuit de Magny-Cours ! Nous voila partis en ordre de bataille derrière un scooter qui nous ouvre la voie. Mais la troupe Guzzi a adopté une technique « accordéon ». Le tout est orchestré par un superbe side V11. Dans les tribunes, je vois que l’Izzugo team n’en croit pas ses yeux. Deux ! Deux tours on a pu faire avec quelques pointes de vitesse. Le pied ! Bon on se calme, on rentre au « stand ». Deux andouillettes, une binouze, et il faut filer voir le second départ.
14h00, c’est reparti avec une longue poussette de la 5 ! C’est bien ce que je pensais, greffer un démarreur de V11 sur une bête de course ça le fait pas… ;o))))  On sent bien que cela a copieusement énervé Moustik qui nous fait une remontée d’anthologie. Il passe de la queue du peloton à la première place en une dizaine de tours… Du grand art !!! La foule est en délire !

Au ravitaillement, Laurent Sleurs prend le relais. A vingt minutes de la fin, Izzugo me fait remarquer que ses temps au tour se rallongent… Aïe ! Què passa ? Arrêt au stand ! Bidouille, bidouille, et il repart avec un peu de mal. Deux tours plus tard, catastrophe ! Le pace car est de sortie ! Laurent est allé au tas et ne se relève pas ! MERDE ! Bon plus de peur que de mal, il était bien sonné par une chute sur le dos. Mais en attendant, la première place est perdue au profit de la Triumph. Mais l’honneur est sauf car l’équipage de la 4 arrache la troisième place. Bravo !
Petit tour par le stand Moto Bel’ pour voir notre preux chevalier qui a chuté nous expliquer que l’embrayage ne servait plus à rien et que grâce au couple du moteur il faisait ce qu’il pouvait jusqu’à la chute provoquée par un passage de rapport qui a bloqué la roue arrière. Moustik était un peu déçu, mais c’est la dure loi de la course.
Feront mieux l’année prochaine ! Là-dessus, je suis retourné au camping plier mon matériel après avoir salué tout le monde, et je m’en suis retourné dans ma bonne ville médiévale du bourbonnais.
Un beau retour vers le futur qui va nous faire rêver jusqu'à l’année prochaine.


Les photos de Lolo.

Une belle galerie sur le site de FAB LE MOTARD.

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